Des billets symboliques, témoignant des années de service accumulées par les comédiens de La Fabuleuse histoire d'un Royaume, ont été attribués la semaine dernière. Ils sont 13 à avoir atteint différentes étapes au sein du spectacle, de cinq à 27 ans. Rappelons que les représentations se poursuivent jusqu'au 23 août, au Théâtre du Palais municipal de La Baie.

Un hommage rendu aux vétérans

C'est comme la montre en or, version papier. À chaque année, le metteur en scène de La Fabuleuse histoire d'un Royaume, Louis Wauthier, remet des billets honorifiques aux comédiens ayant participé à un certain nombre d'éditions. La cérémonie a eu lieu vendredi soir, avant la représentation donnée au Théâtre du Palais municipal de La Baie, alors que 13 personnes ont été récompensées.
Parmi celles qui oeuvrent depuis cinq ans, on remarque Keven Girard, Charlotte et Cathia Grosjean, Fanny Hurd, Tommy-Lee Leroux-Gagnon, Cassandra-Amélia Poirier et Mathieu Poirier-Bernier. Lilianne Simard et Gilles Tremblay sont rendus à dix ans, tandis que Monique Simard et Ghislain Villeneuve revendiquent une vingtaine d'éditions. Le groupe est complété par Pascal Poulin (25 ans) et Réal Payette (27 ans).
«Il y a des billets dans les catégories bronze, argent et or, tandis que Réal, présent depuis le début du spectacle, est le seul à recevoir un billet platine. C'est mon homme de fer, le vétéran absolu. À 83 ans, il assume encore plusieurs rôles, dont celui de pépère Gagnon», raconte Louis Wauthier.
À l'autre bout de la pyramide des âges, Charlotte Grosjean a abandonné les rôles d'enfant cette saison. À 14 ans, le moment était venu d'effectuer la transition vers l'âge adulte, affirme le metteur en scène. «Comme Charlotte a grandi, je travaille avec elle, comme avec d'autres adolescentes, pour montrer une facette différente. C'est la jeune fille aux fleurs, la jeune fille à la noce», décrit-il.
Une grande cuvée
L'attribution des billets a pour but de rendre hommage aux comédiens, mais il ne faut pas y voir une source de motivation, avertit Louis Wauthier. «Si quelqu'un restait une année de plus, juste pour atteindre un chiffre précis, je le sentirais. Pour jouer dans La Fabuleuse, il faut que l'intérêt soit constamment renouvelé. La routine ne doit jamais s'installer», fait-il remarquer.
C'est là que le metteur en scène intervient, modifiant des tableaux pour garder son monde sur le qui-vive, demeurant à l'affût des mouvements d'humeur au sein du groupe afin de prévenir une baisse de régime. On pourrait croire que les comédiens sont sur le pilote automatique, coincés entre la bande sonore et les effets spéciaux, mais la réalité est bien différente.
Chaque représentation nécessite un engagement total et l'une des obsessions de Louis Wauthier se rapporte à l'énergie. Quand elle atteint un niveau élevé, comme c'est le cas cet été, l'homme est rassuré. Ça veut dire que les comédiens sont sur les dents, autant les vétérans que ceux qui se trouvent encore au stade de la découverte.
«La cuvée 2014 est exceptionnelle, à cet égard. Il y a quelques jours, je me suis assis dans les premières rangées et j'ai pleuré tout le long parce qu'il y avait tellement d'énergie. Ça prend des gens qui ont du coeur pour faire ça. Ce qu'accomplissent nos comédiens n'a pas de prix», énonce le metteur en scène.