Un bébé de quatre mois maltraité

Un jeune père biologique qui a brisé le bras de son enfant et a cherché à dissimuler son forfait en accusant sa belle-mère, la grand-mère du poupon, devra passer les 12 prochains mois à la prison de Chicoutimi.
Quand sa belle-mère et la mère ont mené à l'hôpital le bébé de quatre mois qui pleurait et criait, le médecin traitant a trouvé des traces de blessures additionnelles qui dataient de quelques semaines.
Il a fallu un polygraphe pour faire admettre au père biologique sa responsabilité aux deux séries d'événements.
Placé devant la vérité, il a reconnu sa culpabilité.
L'enfant a été retiré à la garde de ses deux parents et placé en adoption avec leur accord, puisqu'ils étaient incapables de le traiter correctement.
Le père biologique se voit interdire par le tribunal tout contact avec la famille aimante qui a accepté le nouveau-né au cours des deux années qui suivront sa sortie de prison.
Le juge Rosaire Larouche de la Cour du Québec a écarté une suggestion de peine plus clémente faite par la défense en s'appuyant sur les conclusions d'un rapport du service de probation déclinant les nombreuses carences familiales, mentales et sociales du père.
«Le père manquait de patience avec l'enfant et cela se manifestait par des cris et des sacres. L'idéalisation de l'arrivée d'un enfant a été confrontée à la réalité et à la responsabilité envers un nouveau-né. L'accusé n'a pas d'intérêt pour son rôle parental et son lien d'attachement envers l'enfant ", a déclaré le magistrat en reprenant les observations de l'agent de probation.
«Nous avons un jeune enfant qui n'a pas demandé à être victime des carences de son père.»
Bras pendant
L'événement révélateur s'est passé l'an dernier alors que le père a arraché brusquement l'enfant des bras de sa conjointe, la mère. Plus tard dans la journée, le couple l'a confié à la grand-mère qui a remarqué qu'il criait et que son bras était pendant. Le médecin a vite décelé une fracture de l'humérus, puis investigué sur tout le corps de l'enfant afin de découvrir d'autres blessures.
Le père a commencé par nier, accuser la belle-mère, puis dire qu'il avait échappé l'enfant accidentellement et qu'il craignait les conséquences de l'amener lui même à l'hôpital. C'est la mère, finalement, qui a accepté de déclarer l'événement aux enquêteurs de la Sécurité publique de Saguenay.
Le juge Larouche a reproché au père biologique ce déni et le maintien des souffrances de l'enfant pendant plusieurs heures. «L'enfant a passé la journée à pleurer et l'accusé n'a éprouvé aucune sensibilité, ou à tout le moins, a fait preuve d'insouciance inqualifiable.»
Le juge a aussi recommandé une thérapie pour aider l'accusé à améliorer la gestion de ses émotions.
Slemelin@lequotidien.com