T'es belle

«Je suis une épouse, une mère, une entrepreneure. Je rêve. Je me fixe des objectifs. Je planifie. Je pose de gestes. Je réfléchis. Et je répète. Bienvenue dans mon monde!» - Maria Kang
Et si la transcendante entraîneuse américaine Maria Kang et ses abdominaux de fer allaient se rhabiller? Si cette beauté en corsage et cuissards, flanquée de trois gamins de cinq ans et moins, cessait de vouloir connaître nos raisons pour ne pas être de béton? La planète féminine s'en porterait cent fois mieux. Avons-nous vraiment envie de rendre des comptes à une illustre inconnue dont l'univers tient entre les murs d'un gym et qui carbure à l'adrénaline?
Et si, au premier chef, les femmes chassaient cette image contrefaite qu'elles ont de leurs propres corps? Comme le reflet du miroir déformant à la fête foraine. Charité bien ordonnée ne commence-t-elle pas par soi-même?
Et si un homme aimait le corps d'une femme parce qu'il aime ce qu'elle est devenue? Si la cambrure de ses reins, le relâchement de ses seins, lui rappelait qu'avec elle, il peut être question de plaisir, de bonne bouffe et de vin? Si la halte des wagons sise au creux de ses hanches était un plaidoyer pour la chère, une vallée plaisante où il fait simplement bon être?
Et si chaque pan de la peau d'une femme pouvait s'exprimer, chaque grain d'épiderme raconter sa beauté? Ça irait peut-être comme suit:
Je suis ce sillon argenté qui a creusé des tranchées sur tes fesses et sur ton ventre. Je suis le témoin silencieux de ta croissance à vitesse grand V ou de la vie que tu as portée. Je suis le capiton que l'on compare à l'écorce du plus juteux des fruits. Je suis un petit arbre bleuté qui raconte ton parcours en faisant tache d'encre sur tes jambes. Je suis une poitrine soumise aux lois de la gravité, l'emblème du passage du temps ou de la maternité. Je suis ce ruban de chair qui épaissit ta taille, cette cicatrice mal guérie, ces cuisses qui se touchent, cette paire de bras honnie. Chères dames, ne nous voûtons pas le dos devant Maria et son credo. Jean-Pierre Ferland lui-même nous l'a dit dans une de ses chansons d'amour. «T'es belle. Je t'aime en ce moment. Je t'adore en plein jour».