Noémie Filion lors de son premier combat.

Surclassement, un beau défi pour les athlètes

(Gaëlle Brubacher-Couinard, La Pige) - Deux jeunes athlètes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mathilde Simard-Lejeune et Noémie FiIion, se sont rendues en finale de bronze et d'or en judo alors qu'elles ont compétitionné contre des filles de deux à quatre ans plus âgées qu'elles.
Mathilde Simard-Lejeune, 12 ans, et Noémie Filion,13 ans, se sont entraînées depuis Noël afin d'être prêtes à combattre des filles de 14 et de 15 ans. En plus d'être surclassée dans la catégorie de l'âge, Mathilde l'est aussi dans celle du poids. Le défi? Apprendre de nouvelles techniques de calibre U-16 alors qu'elles ont, jusqu'à maintenant, compétitionné dans la catégorie U-14. 
«On trouve des stratégies, explique l'entraîneuse féminine de la délégation du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Florence Gadoury. Elles doivent combattre davantage en position debout que couchée, sinon le poids de leur adversaire vient jouer en leur défaveur.» 
Une reconnaissance pour les athlètes
D'après la coordonnatrice des communications stratégiques de Sports-Québec, Michèlle Gendron, le surclassement est loin d'être nuisible aux jeunes, que ce soit physiquement ou moralement.
«Au contraire, c'est une façon de reconnaître leur talent et de permettre à ceux qui plafonnent dans leur catégorie de s'améliorer», affirme-t-elle. Chaque sport est analysé par les Fédérations québécoises de sports afin de statuer s'il est possible de surclasser certains athlètes dans leur discipline. Selon Mme Gendron, cette rigueur assure l'intégrité des athlètes: «S'il y a un danger pour les jeunes, on ne leur permettra pas.»
 «C'est plus stressant quand la fille est plus grande et lourde que moi. J'ai plus de chance de perdre, mais lorsque je retourne dans ma catégorie, c'est bien plus facile», observe l'Almatoise Mathilde Simard-Lejeune. «Je ne vois pas de différence entre combattre des filles de mon âge ou plus vieilles, sinon que c'est plus le ''fun''», ajoute la Jonquiéroise Noémie Filion. Pour y arriver, les adolescentes ont toutefois pratiqué jusqu'à cinq fois par semaine au cours des derniers mois.
Les deux jeunes athlètes se servent de cette expérience comme tremplin pour les prochains Jeux, où elles espèrent pouvoir se qualifier.