Le groupe Tango Boréal, formé de Denis Plante au bandonéon et de David Jacques à la guitare, était accompagné des 46 musiciens de l'Orchestre symphonique régional, dirigés par Jacques Clément.

Sous le chaud soleil des Andes

C'est au rythme du bandonéon, de la guitare et du charango que l'Orchestre symphonique régional a lancé hier sa saison musicale sur des airs de tango, transportant le public en Amérique latine, le temps de quelques heures.
Le concert Tango! présenté devant quelque 350 personnes à l'Auditorium de l'école secondaire Charles-Gravel, dans le secteur nord de Chicoutimi, marquait aussi l'ouverture de la troisième édition du festival Tang-aux-foins de Saint-Fulgence, qui prendra fin le 21 octobre.
Pour l'occasion, le groupe Tango Boréal, formé de Denis Plante, au bandonéon, et de David Jacques, à la guitare, était accompagné des 46 musiciens de l'orchestre, dirigés par Jacques Clément. Le concert a débuté par l'interprétation d'extraits du ballet Le Tricorne, composé par l'espagnol Manuel de Falla au début du XXe siècle, qui raconte l'histoire d'un juge épris d'une meunière.
Les deux solistes invités ont ensuite pris place sur l'étroite scène en interprétant une pièce du célèbre compositeur argentin Astor Piazzolla, Libertango symphonique. Le son du bandonéon joué avec grâce par Denis Plante attire tout de suite l'attention. À première vue, le bandonéon ressemble à un accordéon, même si les deux instruments n'ont rien en commun.
«Le bandonéon est un orgue portatif, alors que l'accordéon se voulait une évolution de la cornemuse, a expliqué M. Plante au courant du concert. Il a été créé pour servir dans les petites églises qui n'avaient pas d'orgue. Ce n'est cependant pas dans les églises qu'il a connu du succès, mais plutôt dans les bordels de Buenos Aires, où il est devenu un instrument incontournable du tango.»
Le Montréalais d'origine, qui est tombé en amour avec le tango et la culture argentine dans la vingtaine, prend plaisir à présenter au micro chacune des pièces qu'il interprète ou qu'il a écrites. Il a offert un extrait d'Adios Muschachos, le premier tango popularisé au Québec par Alys Roby, que tous ont reconnu dès les premières notes.
Celui qui est devenu un bandonéoniste de renommée internationale a ensuite présenté Tango pour Laura et Valse pour Laura, deux pièces tout en douceur et en sensualité, qu'il a composées pour «la belle Argentine» qu'il a épousée il y a quelques années.
Le charismatique soliste et le guitariste David Jacques ont ensuite entraîné le public dans la frénésie du trafic de Buenos Aires pendant Ciudad. «Je l'ai écrite en m'inspirant de mon arrivée à Buenos Aires, lorsque j'y suis allé pour m'y établir, a raconté Denis Plante. J'ai loué une petite voiture après mon arrivée à l'aéroport pour me rendre au centre-ville. Ce que je ne savais pas, c'est que je me dirigerais vers l'autoroute la plus large au monde, qui compte 18 voies. Je me suis inspirée du bruit des klaxons pour composer cette musique.» La prestance de l'orchestre a su communiquer à la fois l'agitation et les longs moments d'attente qui ont dû ponctuer la vie de Denis Plante cette journée-là.
Le concert s'est poursuivi en deuxième partie avec d'autres compositions du bandonéoniste, grand admirateur d'Astor Piazzolla, qui a déjà composé une centaine de pièces dans sa carrière.
Le guitariste David Jacques a troqué sa guitare classique pour un charango, une petite guitare originaire du Pérou, pendant Expatriado. Le concert s'est conclu par plusieurs ovations du public qui a visiblement apprécié être transporté sous le soleil des Andes en cette fraîche journée du mois d'octobre.
Mgauthier@lequotidien.com