Rosette Laberge vient de sortir un nouveau roman, Un printemps ardent. C'est l'amorce d'une série qui comprendra quatre volets et qui a pour titre Un voisinage comme les autres.

Rosette Laberge la prolifique

Rosette Laberge fait partie du groupe restreint des marathoniens de l'écriture. Après avoir pondu les six tomes de la série Souvenirs de banlieue, une histoire qui tient à l'intérieur de 2600 pages et qui a mobilisé l'auteure pendant deux ans, la voici qui remet la table avec le roman Un printemps ardent, premier épisode d'une nouvelle continuité intitulée Un voisinage comme les autres.
Une fois de plus, ce projet est chapeauté par Les Éditeurs Réunis, qui perpétue ainsi un partenariat amorcé en 2007. Celui-ci avait donné naissance à une première saga, trois livres consacrés à Madeleine de Verchères, de même qu'à La noble sur l'île déserte, une fiction à caractère historique.
Dans sa nouvelle série, Rosette Laberge évoque les années 1980 en s'appuyant sur deux couples de Beloeil vivant dans des bungalows voisins. Ils sont amis, tout en laissant voir des lignes de fracture, notamment en matière de morale. L'un d'eux est un policier qui marche droit, tandis que l'autre profite de son poste dans le secteur privé pour accumuler les faveurs.
«On les suit à travers leur vie et leurs valeurs et comme ça arrive à la plupart des gens, il y a des drames. Les protagonistes sont confrontés à la mort, ainsi qu'au retour d'un enfant», a décrit l'auteure originaire de Jonquière, il y a quelques jours, lors d'une entrevue téléphonique accordée au journal.
On pourrait croire qu'Un voisinage comme les autres, qui comportera quatre épisodes, s'inscrit dans la foulée de Souvenirs de la banlieue. C'est d'autant plus tentant qu'il est question du même milieu, à ce détail près que la première série a pris fin en 1973. Rosette Laberge répond que le moment était venu de créer une nouvelle galerie de personnages. «Je voulais repartir avec une page blanche», énonce-t-elle.
La gestion de l'écriture
Même le succès remporté par Souvenirs de banlieue, dont 100 000 exemplaires ont été vendus, ne peut expliquer la productivité de Rosette Laberge. Pour comprendre comment cette femme s'y prend pour respecter des échéanciers dangereusement serrés, il faut remonter dans le temps, en effectuant une première escale à Jonquière.
Sa passion pour l'écriture, son désir de maîtriser le génie de cette langue étrange qu'est le français, l'ont poussée très tôt à créer des poèmes et des chansons. «Même petite, j'aimais raconter des histoires, les allonger, en plus de jouer avec les mots», confie l'auteure. Pendant plusieurs années, sa carrière en administration l'a tenue à distance de son rêve, mais celui-ci n'a jamais cessé de l'habiter.
C'est ainsi que la littérature a pris le pas sur la gestion, ces derniers temps. On pourrait y voir une rupture, mais d'une certaine manière, Rosette Laberge fait la synthèse des deux mondes à travers sa démarche. "Ça m'aide d'avoir de la discipline et de la rigueur, explique-t-elle. À chaque fois, j'établis un calendrier de livraison avec l'éditeur et je le respecte, au même titre que mon scénario.»
Sa volonté de communiquer est si grande qu'en parallèle, d'autres projets sollicitent son attention. Ainsi verra-t-on apparaître Les dessous d'une v.-p., en avril. Cette histoire, qui sera offerte à titre exceptionnel par Clermont Éditeur, fait écho à ses expériences professionnelles.
Rosette Laberge aime tellement écrire qu'elle a pris le temps de concocter deux recueils de nouvelles érotiques, après avoir abordé le genre on ne peut plus différent du roman jeunesse. Bien qu'elle réside à Drummondville depuis 34 ans, l'auteure revient fréquemment dans la région, où le Salon du livre a couronné Ça se peut pas en 2000, dans la catégorie Roman jeunesse.