Le Quatuor Saguenay sortira un premier album sous ce nom, en juin. Enregistré à l'église Notre-Dame de Laterrière, il ne comprendra qu'une oeuvre, mais pas n'importe laquelle: le dernier quatuor de Schubert.

Quatuor Saguenay: nouveau nom, nouvel album

Le Quatuor Saguenay vient d'enregistrer un premier disque depuis son changement de nom, annoncé il y a quelques mois. Souhaitant marquer le coup avec éclat, les musiciens se sont attaqués à une oeuvre majeure, le dernier quatuor à cordes de Schubert, dont les quatre mouvements se déploient sur une cinquantaine de minutes.
Le fruit de leurs efforts prendra la forme d'un enregistrement offert sur une plate-forme numérique, de même qu'en version physique. L'élément nouveau est qu'il s'agira d'un album autoproduit, ce qui tient, pour une grande part, au fait que ce projet a été ficelé dans un délai relativement bref. On désirait le sortir en juin, juste avant une série de concerts où cette composition occupera une place de choix.
«Nous voulions souligner le changement de nom, tout en ayant un disque à offrir aux spectateurs qui nous verront l'été prochain», a confirmé le violoncelliste David Ellis il y a quelques jours, lors d'une entrevue accordée au journal. Il précise que le Quatuor Saguenay demeure lié à la compagnie ATMA, malgré la sortie de ce produit, et laisse entendre que de nouveaux projets pourraient éventuellement se concrétiser.
Une autre raison justifiant la création d'un album tient à une perception erronée qui s'est développée à l'extérieur de la région. Ici, les gens ont compris que le Quatuor Alcan ne faisait que changer de nom, alors que la ville de Saguenay a pris le relais de Rio Tinto en tant que commanditaire majeur. Ailleurs, cependant, certains ont cru que ses membres avaient cessé de jouer ensemble.
«Une épopée»
L'enregistrement du quatuor de Schubert a été réalisé à l'église Notre-Dame de Laterrière, les 9 et 10 mars. Les trois séances, d'une durée de trois ou quatre heures chacune, ont eu lieu sous la supervision d'André Tremblay, du Studio Caméléon. Le choix du lieu ne tient pas du hasard, puisque le bâtiment patrimonial est réputé pour son acoustique. C'est d'ailleurs là qu'une autre formation, L'Ensemble Talisman, a l'habitude de confectionner ses albums.
Membre du Talisman, autant que du Quatuor Saguenay, l'altiste Luc Beauchemin confirme que la qualité du son a constitué un facteur important. Quant aux raisons qui ont poussé les musiciens à opter pour le dernier quatuor de Schubert, elles ne tiennent pas uniquement au fait qu'ils le reprendront dans les prochains mois. Il y a aussi ses qualités intrinsèques.
«Il s'agit d'une oeuvre longue qui s'apparente à une épopée», fait observer la violoniste Nathalie Camus. «Il y a des sections très contrastées, des passages qui se situent aux extrêmes, entre l'intensité et la sérénité», ajoute Luc Beauchemin. Il précise que le Quatuor Alcan a abordé cette composition a ses débuts, avant l'arrivée de la violoniste Laura Andriani dans ses rangs. C'est l'automne dernier qu'elle est revenue dans son répertoire.
«Nous avons présenté cette oeuvre à deux reprises lors des concerts donnés au Conservatoire de musique de Saguenay, dans le cadre de notre programmation de musique de chambre. Elle était assez longue pour remplir un programme», indique l'altiste, qui rappelle qu'un autre titre de Schubert, La jeune fille et la mort, avait meublé l'un des premiers albums de l'Alcan. Voici donc l'Autrichien de retour, au début d'une nouvelle phase dans la vie du quatuor.