L'énergie éolienne et celle produite par la biomasse coûtent beaucoup plus cher que l'électricité issue des centrales hydro-électriques traditionnelles.

Quand l'avenir est menacé...

Depuis qu'il est au pouvoir, le gouvernement libéral matraque nos services publics et instances démocratiques par des mesures d'austérité dans le but ultime d'atteindre l'équilibre budgétaire. Bien que cet objectif soit honorable d'un point de vue économique, les façons de faire du PLQ sont très arides et menacent l'avenir des régions du Québec.
Premier coup de sabre: les Conférences régionales des élus (CRÉ). Ces dernières seront supprimées officiellement sous peu. Composée à la base d'élus municipaux, cette instance démocratique est pourtant essentielle au développement des régions éloignées et est présente dans les 19 régions administratives du Québec. En Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, la CRÉ a permis la sauvegarde du chemin de fer. Elle est également devenue une partenaire essentielle d'un parc d'éoliennes. Dans les Laurentides, la CRÉ a valorisé le développement des transports collectifs. Ainsi, les CRÉ s'inscrivent dans un principe de développement durable qui a permis aux régions de se bâtir une économie saine... jusqu'à maintenant.
Il n'y a pas que les CRÉ qui sont dans la mire du gouvernement, les Centres locaux de développement (CLD) le sont tout autant. Avec une réduction de 55% du budget, ou 40 M$, les CLD ne pourront bientôt plus faire leur travail essentiel de soutien technique et de financement aux petites entreprises en expansion.
Tout ça n'est que la pointe de l'iceberg. Du milieu de l'éducation au domaine de la santé, c'est toute l'institution publique qui est ébranlée comme un château de cartes.
Rien d'étonnant, donc, que la coalition «Touche pas à mes régions!», qui sensibilise entre autres à l'importance des régions dans le développement économique de l'ensemble du Québec, ait recueilli autant de signatures.
Rien d'étonnant, de même, que des dizaines de milliers de personnes aient manifesté en coeur dans les rues de Québec et de Montréal le 29 novembre dernier pour dénoncer les mesures d'austérité du gouvernement Couillard. Ces manifestations sont primordiales. Elles le sont parce que l'avenir des régions en dépend, tout comme l'avenir de l'ensemble du Québec.
En effet, que feraient les grands centres sans les régions, qui leur fournissent les ressources naturelles et les produits agricoles essentiels à leur survie et à leur expansion? Que feront les grands centres urbains si, dans un élan de consternation, un exode rural d'envergure se met en branle? Couper dans les régions, c'est mettre en danger la stabilité économique de l'ensemble de la province à long terme. Il est donc aberrant de vouloir menacer un équilibre qui fut si long à bâtir au nom du sacrosaint équilibre budgétaire du gouvernement Couillard.
Zacharie Goudreault