François-Duchesne, propriétaire-fondateur de PyroSpek

PyroSpek: le feu sacré de François Duchesne

Il y a dix ans, François Duchesne a abandonné un emploi dans les six chiffres pour lancer son entreprise. Aujourd'hui, il n'est peut-être pas le plus riche, mais il fait ce qu'il aime. Et ça, ça n'a pas de prix.
L'entreprise saguenéenne PyroSpek a réalisé le feu d'artifice du 1er juillet à Chicoutimi.
M. Duchesne est propriétaire-fondateur de PyroSpek, une compagnie jonquiéroise qui se spécialise dans la pyrotechnie et les feux d'artifice.
« J'ai accepté de ne pas pouvoir prévoir financièrement. Je suis vraiment loin de gagner le salaire que j'avais avant comme chargé de projet. Je n'ai pas beaucoup de temps libres non plus. C'est un choix que j'ai fait. C'était un choix difficile, mais ça me rend heureux. »
François Duchesne était chargé de projet à l'Usine Alma de Rio Tinto jusqu'en 2008. Il avait auparavant fait son cours pour devenir ingénieur mécanique. Il a lancé PyroSpek en 2007, « pour le plaisir », puis le « crash » de 2008 l'a incité à mettre toute son énergie dans sa compagnie.
Il n'a jamais voulu retourner à l'usine par la suite. Il avait besoin de défis. Il adore le challenge que lui procure le fait d'être entrepreneur.
« Mon seul but au départ était de donner des feux d'artifice de qualité à la région. J'en ai fait quatre la première année. Maintenant, on en fait plus d'une centaine partout au Québec », constate-t-il.
Passionné des feux d'artifice, il a suivi son cours d'artificier alors qu'il avait 18 ans.
« Ce n'était vraiment pas le but de faire une compagnie avec ça, mais j'ai toujours été passionné par les feux d'artifice. Il y a un fond de pyromane en dedans de moi - comme dans tout artificier ! - mais je suis tombé du bon côté », lance-t-il en souriant.
François Duchesne a eu des offres pour vendre son entreprise. Il a refusé.
« Nous ne sommes pas à vendre pour l'instant. Je fais ce que j'aime. On fait aussi bien des feux sur un terrain de camping que le lac des Nations, l'une des plus grosses compétitions. »
L'hiver est-il plus tranquille ? « On fait moins de feux, mais c'est la période pour innover. On rencontre les fournisseurs, on trouve de nouveaux produits, de nouvelles idées. »
Mettre la magie
Qui dit feux d'artifice dit fête, bonheur. Ce côté joyeux enthousiasme les spectateurs, mais il fait de même pour les artificiers.
« Ce qui fait que j'ai le goût de me lever le matin, c'est d'être la personne qui met de la magie dans les événements. J'adore voir les gens s'émerveiller, voir les étoiles dans leurs yeux. Non, je ne sauve pas des vies, mais je rends les gens heureux et j'aime ça. »
François Duchesne s'est rendu jusqu'aux Philippines et en Chine pour faire des prestations.
« Tu parles de PyroSpek aux artificiers aux Philipines ou en Espagne et ils savent ce que c'est. Nous sommes connus à l'international. Je veux que les gens puissent se dire : "c'est l'fun PyroSpek, ça vient d'ici". Un peu comme on le fait pour la Voie maltée. »
Il travaille avec un concepteur musical (Bastien Deschênes). Celui-ci prépare les arrangements musicaux qui seront liés au spectacle. La journée même de la prestation, ils sont entre deux et douze à oeuvrer au bon déroulement des feux. « Les gens qui travaillent avec moi ont un autre travail ou sont à la retraite. Tous, ils ont la passion des feux d'artifice. » C'est François Duchesne lui-même qui les forme. Un responsable de l'administration travaille également à temps plein pour PyroSpek.
C'est à la Ronde qu'ont lieu les plus gros feux d'artifice au monde, explique M. Duchesne. « Je me fais souvent offrir des compétitions en Europe. Je suis allé aux Philippines et en Chine. J'aime ça, mais tant qu'à y aller, il faut que l'on soit vraiment prêts, parce que je n'aime pas perdre. Nous ne sommes pas encore prêts pour la Ronde. »
Ça viendra...