La formation actuelle de Voïvod comprend désormais Dan Chewy Mongrain, Jean-Yves Blacky Thériault, Michel Away Langevin et Denis Snake Bélanger. Le groupe sera en concert à Jonquière en musique le 12 juillet.

Prophètes en leur pays

32 ans après sa formation, le groupe-culte Voivod aura enfin une plaque à son effigie, et ce, dans la ville qui l'a vu naître. Aux dires du chanteur de Voivod, Denis Snake Bélanger, une telle reconnaissance fera honneur au défunt guitariste visionnaire, Denis Piggy D'Amour, mais aussi aux proches des membres du groupe.
C'est donc à la suite de l'initiative de l'animateur du matin à CKRS, Mark Dickey, que la décision de rendre hommage à Voivod a été prise et qu'elle se concrétisera le 12 juillet prochain, tout près de la Place Nikitoutagan, à l'occasion du concert que le groupe donnera le soir même dans le cadre de Jonquière en musique.
Dans la mythologie du rock et du métal, Voivod fait partie des noms qui sont cités de façon récurrente. À de nombreuses reprises, des personnalités de renom de l'industrie, telles que Dave Grohl (batteur de Nirvana et leader des Foo Fighters) ou Jason Newsted (Metallica) ont identifié la formation de Jonquière comme étant parmi leurs influences majeures.
Joint au téléphone, Denis Snake Bélanger entrevoyait déjà l'événement avec l'humilité que ses nombreux fans lui connaissent. «Quand Mark Dickey m'en a parlé, j'ai trouvé que c'était une bonne idée. Mais sérieusement, je ne pensais pas qu'il allait foncer tête première comme ça. Il m'avait informé qu'il allait devoir aller rencontrer le conseil de ville et tout ça et je ne pensais pas qu'il obtiendrait des résultats aussi rapidement.»
Évidemment, Bélanger et les autres membres du groupe sont extrêmement touchés par une telle attention. Or, c'est avant tout à leur regretté collègue, Denis Piggy D'Amour qu'ils dédieront cette plaque. «Je pense que ça va être vraiment cool pour la famille de Denis D'Amour. C'est vraiment pour ça que ça me fait plaisir. C'est lui qui a commencé tout ça et au moins, il y aura maintenant une marque gravée à sa mémoire. Plus tard dans le futur, les gens pourront dire que Voivod vient de la région.»
Du même coup, Denis Bélanger ne cache pas que cette plaque aura aussi une énorme signification pour tous les proches des membres de Voivod. «On n'y pense pas toujours, mais nos familles et nos parents ont aussi beaucoup donné en temps et en argent. J'ose à peine imaginer la mère de Michel Langevin qui devait l'entendre tapocher en haut avec son drum. Quand les parents encouragent leurs jeunes à vivre leur passion, il y a beaucoup de sacrifices derrière tout ça. Ça sera quelque chose à souligner.»
Qualifiant l'histoire de Voivod de véritables montagnes russes, Denis Bélanger croit que si la formation a pu se tailler une place bien distincte dans le paysage du rock et du métal, c'est en partie grâce à ses racines. Bien que le chemin ait nécessité bien des casse-têtes avant d'atteindre la reconnaissance internationale du milieu, c'est le même parcours qui aura forgé le son du groupe. «On était déjà différent des autres. On n'est pas un groupe qui vient de Los Angeles, de Londres ou de New York. On est un band qui vient du bois et du Nord. Venir d'une place comme le Saguenay, c'est sûr que ça a engendré une influence autre que si nous avions été les même quatre gars qui seraient nés et auraient grandi à L.A. Ça n'aurait pas sonné comme ça.»
Suite à la tragique disparition du guitariste Denis D'Amour en 2005, la formation aura toutefois réussi à poursuivre son chemin en recrutant le virtuose Dan Chewy Mongrain et en faisant revenir dans ses rangs le bassiste Jean-Yves Blacky Thériault. En 2013, Voivod recevait un accueil chaleureux pour son premier album sans la touche de Denis D'Amour. Or, celle-ci traverse le temps et vit maintenant dans les doigts de plusieurs musiciens, dont Dan Chewy Mongrain. «J'écoutais dernièrement du Foo Fighters et j'étais capable de discerner la touche de Piggy à travers les accords de Dave Grohl. C'est pas de la copie, mais l'inspiration est incontestable. C'est la même chose pour Dan. Il a tellement été un fan de Voivod que lorsqu'il a écrit la musique pour le dernier disque, il a écrit la musique qu'il aurait aimé entendre en tant que fan. Ça sonne donc exactement comme c'est supposé de sonner.»