Cette photographie remonte à quelques années, mais illustre bien à quoi ressemble un spectacle de Bloodshot Bill. Il aime jouer de la guitare avec intensité, mais aussi faire de la route, beaucoup de route, afin de rejoindre son public. C'est ainsi qu'on le reverra dans la région, jeudi et vendredi.

Portrait d'un musicien heureux

À chaque fois qu'il joue au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Bloodshot Bill a une pensée pour son père. Fils d'un immigrant italien qui avait gommé le nom Barbieri afin de se mouler à son nouvel environnement, Albert Rogers a travaillé pendant quelques années à l'usine Price de Kénogami.
C'était bien avant la naissance du musicien, mais il est souvent venu dans la région pour voir la famille, dont quelques membres se déplacent pour assister à ses spectacles. C'est à force des les côtoyer que l'homme a assimilé une tradition locale qui n'a rien à voir avec son jeu de guitare incandescent.
« Mes cousins m'ont montré à mettre du sel dans ma bière. C'est une habitude que j'ai conservée, même si les gens me regardent d'un drôle d'air, a raconté Bloodshot Bill jeudi, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Encore la semaine dernière, je venais de le faire quand une personne m'a raconté qu'elle avait vu ça une seule fois dans sa vie. « C'était un gars de Jonquière », qu'elle m'a dit. »
Il rit de bon coeur et c'est justement ce qui fait son charme, cette façon de prendre la vie comme elle vient, avec une légèreté de bon aloi. Pas étonnant que ce marathonien de la musique se soit fait une niche dans la région. D'une tournée à l'autre, il fait mouche avec ses versions tantôt toniques, tantôt relax, des perles du répertoire rockabilly, rock'n roll et country.
Parfois, des compositions à lui se glissent dans les craques de ces monuments de la chanson populaire. C'est ce que laisse voir son nouvel album, The Lonesome Road, dont plusieurs tranches seront servies jeudi, au centre social du Collège d'Alma, de même que vendredi, au Klube de Jonquière. Dans ce dernier cas, notez que les portes de l'établissement ouvriront à 21 h, soit une heure avant le début du spectacle.
Sur la route
Bloodshot Bill fait partie de différentes formations, mais c'est en solo qu'on le reverra sur nos terres. Ce format a l'avantage de la souplesse, ce qui lui permet de se pointer sur la scène sans s'encombrer d'une liste de chansons à interpréter. « Je marche au feeling », indique le Montréalais.
Tout ce qu'il peut confirmer, c'est que The Lonesome Road ne sera pas loin dans ses pensées. Lui-même admet que l'album comprend plusieurs reprises de chansons obscures, tout en précisant que l'une d'elles, Blue Days, Black Nights, émane du légendaire Buddy Holly. « Je la joue plus lente », révèle le guitariste, qui aime faire le contraire de ce qu'on attend de lui.
Il apprécie le côté « wild » du public de la région et laisse entendre que la recette de son succès réside dans son authenticité. « Peut-être que les gens aiment ce que je fais parce que je ne suis pas à la mode. Ils voient aussi à quel point j'apprécie cette musique », avance Bloodshot Bill.
Tel que mentionné plus haut, le country occupe une large place dans son panthéon musical. Il est donc assuré que ses fans en entendront jeudi et vendredi. Quant au rockabilly, c'est un genre qui le fascine depuis ses jeunes années, notamment grâce à Gene Vincent et Eddie Cochran. Parlant de Vincent, il est représenté sur The Lonesome Road, par l'entremise de la chanson In Love Again.
Le titre du nouvel album colle à la réalité de Bloodshot Bill, qui vit de son art en tournant sans cesse, partout sur le continent. Plus souvent qu'autrement, il fréquente la route en solitaire et ça lui sied parfaitement. « J'aime organiser mes affaires tout seul. C'est moi qui planifie les spectacles, qui s'occupe du matériel. C'est ce qui me permet de faire carrière à mon échelle », décrit le guitariste.