Plus de 600 emplois à combler dans l'industrie de la métallurgie

L'industrie métallurgique du Québec, incluant la production d'aluminium, a connu un rajeunissement graduel de sa main-d'oeuvre depuis 2013. Certains virages devront être négociés afin de prévenir des problèmes d'attraction et de rétention de main-d'oeuvre dans les usines. Au cours de la prochaine année, l'industrie aura besoin de 605 employés
Ce constat a été tracé mardi matin par la direction du Comité sectoriel de la main-d'oeuvre de la métallurgie du Québec (CSMO-M) dans le cadre d'un diagnostic sectoriel réalisé par deux chercheurs du Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail (CRIMT), réalisé à partir d'un questionnaire complété par la direction de 70 entreprises oeuvrant dans le secteur métallurgique en 2016. 
Les résultats présentés par Marie-France Charbonneau, directrice générale du CSMO-M, révèlent que des changements graduels surviennent au sein de l'industrie métallurgique.
Le premier constat fait état d'un contexte économique plus favorable que celui des dernières années, mais qui est fragilisé par le contexte géopolitique incertain, entre autres avec l'élection du président américain Donald Trump. La hausse du prix mondial des métaux ainsi que la croissance du PIB au Québec et des exportations internationales contribuent à favoriser la relance.
Un deuxième constat montre le rajeunissement des cohortes de main-d'oeuvre depuis 2013. La pleine période des départs à la retraite semble passée, mais les travailleurs quittent les établissements pour d'autres raisons en dépit que le taux horaire moyen soit de 24 $, a expliqué Mme Charbonneau. Les besoins sont particulièrement criants pour l'embauche de superviseurs, métiers d'entretien, métiers techniques comme les électrotechniciens, électriciens industriels, mécaniciens de machines fixes ou métallurgistes. L'étude démontre que 75 % des entreprises ont de la difficulté à recruter un nouveau superviseur de premier niveau. Le rapport souligne qu'il est étonnant de constater que la pratique de gestion prévisionnelle de main-d'oeuvre soit peu développée.
Le portrait n'est pas que négatif puisque les gestionnaires d'entreprises considèrent la formation comme étant prioritaire et y investissent près de 3,7 % de leur masse salariale. Les transformations du marché du travail incitent les employeurs à doter les travailleurs d'un portefeuille de compétences bien définies et adaptées aux transformations technologiques.
Enfin, la reconnaissance d'une collaboration entre les différents acteurs du milieu en matière de relations de travail constitue un autre constat. On y dénote une confiance entre les parties patronale et syndicale même si un paritarisme inégal y est constaté sur certains enjeux. Le taux de syndicalisation de l'industrie qui embauche près de 40 000 personnes au Québec est de 54 %.