Un petit geste banal d'intimidation peut avoir de grandes répercussions. Valérie Dionne a conscientisé les 1600 élèves de l'école Charles-Gravel en leur faisant planter de banales graines qui, d'ici deux mois, deviendront de belles plantes fleuries.

Planter une graine pour parler d'intimidation

Au primaire, pour une simple différence de cheveux bouclés, Valérie Dionne a été victime d'intimidation. « Les gestes physiques s'oublient, mais pas les mots », confie Valérie. Malgré tout, elle est persuadée que ses intimidateurs lui ont permis de grandir et devenir qui elle est aujourd'hui. C'est aussi en s'inspirant de ses intimidateurs qu'elle a créé son projet personnel comme finissante au programme d'études internationales de l'école secondaire Charles-Gravel.
« On avait le choix entre écrire un essai, réaliser une oeuvre d'art ou créer un évènement », raconte l'élève de cinquième secondaire. Même s'il demande plus d'organisation, Valérie a choisi de réaliser un audacieux évènement. Pour l'aider au niveau de la logistique, elle a pu compter sur l'animateur de vie spirituelle et d'engagement communautaire, Pascal Audet, et la travailleuse sociale, Danielle Gauthier. Pendant deux jours, groupe par groupe, la jeune femme de 17 ans a fait planter des graines aux 1600 élèves de son école. Avec ce geste, si petit soit-il, elle souhaitait passer un message bien important en lien avec l'intimidation et la violence. « Je voulais montrer l'impact d'un petit geste qui peut sembler bien banal », précise Valérie.
« Quand on pose un geste, on ne se rend pas toujours compte de ce que ça va entraîner. L'intimidation c'est poser un petit geste banal qui a de grandes répercussions. Un peu comme planter une graine. Un geste que vous allez oublier et qui deviendra une fleur dans deux mois », explique Valérie devant les yeux attentifs d'un groupe de deuxième secondaire.
Tout le monde a fait preuve d'un grand respect face à cette activité. La directrice générale de l'école Charles-Gravel, Johanne Allard, a même profité de cette occasion pour faire une confidence. « Ça fait 27 ans que je travaille dans les écoles et j'ai enseigné pendant 17 ans. Dernièrement j'ai été hospitalisée pour la première fois et j'ai eu besoin d'une opération. Certains infirmiers et infirmières qui ont pris soin de moi étaient mes anciens élèves. Quand je les ai vus, je me suis dit ''j'espère qu'ils m'ont aimée comme prof''», a raconté madame Allard avec une touche d'humour. Ce qu'elle voulait passer dans ce message c'est qu'on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve et nos gestes peuvent avoir un grand impact sur notre destin.
Dans son projet personnel, Valérie a même fait renaître une serre de l'école, inutilisée depuis longtemps. C'est là qu'elle a installé les 1600 plants qu'elle entretiendra avec soin pour les remettre aux élèves dans deux mois. Elle a choisi des marigold qui sont des plantes rustiques et qui ont des propriétés pour éloigner les insectes indésirables.