Patrick Lessard plaide coupable

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Michaël Bourget, demande une peine de six ans de pénitencier pour Patrick Lessard.
Celui-ci a sauvagement battu sa conjointe le 31 janvier 2013.  Il avait décidé de lui donner une leçon parce qu'elle refusait de retirer sa plainte pour un épisode de violence conjugale survenu le 22 décembre précédent.
Lessard, un colosse de 28 ans au passé violent, a communiqué avec elle par téléphone alors qu'il n'en avait pas le droit et s'est rendu chez elle la battre.  Il l'a traînée par terre hors de son domicile alors qu'elle criait et appelait au secours.  Il a continué de la frapper au sol jusqu'à l'arrivée des policiers, qui ont constaté ses mains ensanglantées de même que le visage tuméfié et lacéré de la victime.
Lessard a été accusé de tentative de meurtre pour le deuxième événement et a choisi un procès devant juge et jury.
Hier, après un an et 10 jours de détention, Patrick Lessard a plaidé coupable à 11 chefs, dont deux pour voies de fait avec lésions.  L'accusation de tentative de meurtre a été retirée.
 
Défense
L'avocat de la défense, Me Louis Bélliard, a suggéré une peine de deux ans à partir de ce jour afin que son client aille dans un pénitencier fédéral, où il pourra suivre des thérapies comportementales de longue durée.
Le juge Richard Grenier de la Cour supérieure a pris les suggestions des avocats en délibéré jusqu'au 17 mars, date à laquelle il arrêtera sa décision.
Le magistrat a cependant laissé tomber plusieurs remarques pendant les représentations de l'avocat de la défense, ce qui laisse présager une sentence plus sévère qu'espérée par Lessard.
Quand Me Bélliard a évoqué la difficulté d'être confronté avec une accusation de violence conjugale parmi la population carcérale hostile à ce genre de délit, le juge a mentionné qu'il n'avait aucune sympathie pour un type comme Lessard.
«Il est grand et fort et il bat une femme plus faible que lui.  En prison, il y a des plus grands et des plus forts que lui et il a ressenti ce que ça peut être.  Croyez-moi, je suis contre la violence, mais c'est un retour des choses...»
Le juge a entendu l'avocat de défense mentionner que les coups n'avaient nécessité aucune chirurgie et que la femme n'en gardait aucune cicatrice.  À cet instant, il a relevé que Lessard s'était rendu «chez elle, dans sa maison, l'a traînée dans la cour et l'a battue.»
La vistime était absente de la salle d'audience.