« Pour plus d'une, les plaisirs en solo sont une chose et les dyades sexuelles en sont une autre. »

Parlons vibrateur

CHRONIQUE / Jamais, au grand jamais, l'idée de traiter de ce sujet ne me serait venue sans vous, les gars. Je vous ai vus préoccupés, tourmentés, anxieux, interpellés. Puisque vous m'en avez parlé, je me dois de vous répondre. C'est donc aujourd'hui que je traite du vibrateur comme étant cet « éventuel » compétiteur de la gent masculine. Parce que vous avez été plus d'une dizaine, messieurs, à me confirmer être inquiets face à l'usage de ce dit joujou chez votre partenaire, démystifions ensemble s'il y a effectivement lieu de vous sentir menacés.
Et si elle le préférait ?
« C'est toute qu'une mailloche », m'exprimait un certain sous le couvert de l'humour camouflant de peine un regard anxieux. Se référant aux contrastes liés aux attributs masculins et aux dimensions du godemichet de sa chérie, les termes « trop gros », « trop long », « trop courbé », « trop tout » servaient officiellement de qualificatifs référant à une démesure plus qu'extravagante selon ce bougre. Comment rivaliser ? 
Bien qu'il y ait des formats et modèles variant selon tous types de préférence féminine, je dois dire que dans bien des cas, celui-ci a raison ! C'est bien peu souvent que le produit suggéré à la clientèle ciblée se réfère aux standards du pénis dit « moyen » et à ses allures. Ceci dit, bien que présenté en modèles de toutes sortes, rien n'indique par contre une satisfaction assurée de par son gabarit rappelant le Géant Vert ou de sa forme digne de la NASA. Davantage une histoire de bonne utilisation, autant pour l'objet que pour le vrai ! 
Et s'il était plus performant ?
Aux multitudes fonctions, ce dernier peut vibrer, tourner, viser le point G, être muni d'une ou deux branches, d'un gréement clitoridien, être fait de silicone, pourquoi pas d'or, en plus d'assurer ses fonctions huit heures consécutives. 
De quoi mener de gros travaux selon les préférences de toutes et chacune. Mais qui en veut autant d'une machine qui ne fait que son travail, sans passion, chaleur humaine, diversité, sentiments, complicité, rire, baisers, caresses, etc. ? Lassant à la longue, que ce rendement mécanique. 
Et si elle le prenait en cachette ?
Ne vous en déplaise, bien entendu qu'elle s'en sert en catimini ! Mais, ne s'agit-il pas là davantage d'un moment d'intimité vécu seule à seule versus une furtive possible trahison ? Posséder un vibrateur, c'est légal au Québec et oui, à titre de loisir, récréation, petits bonheurs, les femmes aussi se masturbent, le saviez-vous ? Pas toutes frustrées, mal baisées ou insatisfaites pour autant...
Et s'il lui suffisait ?
Voilà, à mon humble avis, là où le bât blesse le plus. Corrigez-moi si je me trompe, mais la peur d'un appétit sexuel comblé par les plaisirs solitaires chez votre amour ne vous fait-elle pas craindre le régime sec ? Rassurez-vous, ceci se voit peu probable. À l'image du besoin vital qu'est de se nourrir, le déjeuner n'empêche pas le souper et l'appétit vient en mangeant ! Pour plus d'une, les plaisirs en solo sont une chose et les dyades sexuelles en sont une autre. Au-delà de l'orgasme proprement dit, les deux se voient distincts permettant ainsi le comblement de besoins autres.
Aussi fou que cela puisse-vous sembler, un simple « chérie, ton vibrateur m'inquiète » peut amener toute discussion menant vers la rassurance, une pleine compréhension et qui sait, à l'inverse de l'homme anxieux, au développement de celui qui saura tirer profit de ce rival devenu potentiellement complice ! À vous de jouer.