Un groupe de Jonquière, les Irish McDrinkers, a tiré parti de la chance que lui a offert le Festival international des Rythmes du monde. Son spectacle présenté hier soir, à Chicoutimi, a fait de nombreux convertis.

Pari réussi

Ils sont rares, les artistes de la région à qui le Festival international des Rythmes du monde a confié l'une de ses grandes scènes. C'est pourquoi le spectacle des Irish McDrinkers présenté hier, à l'angle des rues Racine et Labrecque, revêtait un caractère particulier.
Le groupe de Jonquière allait-il profiter de cette occasion exceptionnelle pour élargir le cercle des convertis? Ses compositions celtiques à saveur rock - ou rock à saveur celtique - pourraient-elles rejoindre le public du début de soirée, dont l'âge est relativement élevé?
«C'est la première fois que je donne un show, pis que je vois pas le monde au boutte», a lancé le chanteur et bassiste Louis Deschênes après la première pièce. La bonne nouvelle est que la foule n'a cessé de gonfler et que plusieurs jeunes ont répondu présent, signe que ce pari, qui aurait pu sembler risqué, a été payant pour le festival, autant que pour les artistes.
Les Irish McDrinkers creusent le sillon tracé par les Pogues, entre autres, en injectant à la musique celtique une dose de rock tirant sur le punk. Sans se prendre pour des virtuoses, ils proposent un mélange de reprises et de nouveautés livrées, la plupart du temps, à la vitesse grand V. Les mots déboulent. On en perd en chemin, mais qu'importe.
Il est difficile de résister à l'énergie que distillent des titres comme Handfull Of Mess et Dirty Rats, surtout quand le guitariste Jeff Gaudreault et le violoniste Jean-Benoit Saint-Germain joignent leurs voix à celle de Louis Deschênes. Ça fait beaucoup de testostérone au pied carré.
Une autre chose qu'on réalise rapidement, c'est à quel point le batteur Tommy Ouellet contribue au son de la formation. On apprécie son jeu très énergique, cette façon qu'il a de créer une sorte de chaos organisé en tapant furieusement sur ses peaux, de même que les cymbales.
La touche celtique vient fréquemment du violon, mais en quelques occasions, le banjo de Catherine Boivin a assumé une fonction similaire. On en a entendu juste assez pour souhaiter que ses interventions soient plus fréquentes, puisqu'elles donnent davantage de relief aux arrangements.
Le seul problème avec la musique des Irish McDrinkers, c'est qu'elle colle trop étroitement à son sujet, si bien que la fin du spectacle a eu lieu sous un ciel irlandais. Il s'est mis à tomber des cordes, sans toutefois gâcher la fête. Les fans ont même demandé un rappel, mais le groupe a dû refuser parce qu'il fallait préparer la scène pour Nomadic Massive, qui attendait son tour.
La prochaine fois, peut-être?