Les premières plaintes déposées en 2015 visaient les usines fabriquant du papier surcalandré (papier glacé), notamment celles de Dolbeau-Mistassini et de Kénogami, tandis que la plainte de Norpac s'adresse aux fabricants d'un plus large éventail de papier, tel que le papier journal.

Papier surcalandré: Ottawa pressé d'agir

Les syndicats des usines de Kénogami et de Dolbeau de Produits forestiers Résolu pressent le gouvernement fédéral d'agir dans le dossier du papier surcalandré. Depuis l'envoi d'une lettre au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en juillet, les syndicats sont sans réponse.
Depuis décembre 2015, les syndicats des usines de papier surcalandré de la région font front commun contre la taxe foncière imposée au papier surcalandré. Ils ont interpellé Justin Trudeau en lui demandant de l'aide. Le 20 juillet dernier, ils ont décidé de renvoyer une lettre au premier ministre puisqu'ils étaient sans réponse depuis plusieurs mois. Le Quotidien a obtenu une copie de la lettre dans laquelle les syndicats déplorent le manque de réactions de la part du gouvernement fédéral. «Personne ne semble connaître le dossier ni savoir que le dossier du papier surcalandré est similaire, mais distinct de celui du bois d'oeuvre», peut-on entre autres lire dans la lettre.
«On a décidé de forcer les choses, on s'attendait à une réponse, mais c'est le silence total», explique le président d'Unifor pour l'Usine Kénogami, Régis Duchesne, en entrevue téléphonique. L'année dernière, une trentaine de représentants des deux usines ont rencontré la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, en vain puisqu'ils n'ont pas vu de changements dans le dossier. La rencontre portait sur la renégociation du bois d'oeuvre et la taxe du papier surcalandré.
La députée de Jonquière Karine Trudel a elle aussi interpellé le gouvernement fédéral, sans réponse.
Une élection partielle dans Lac-Saint-Jean devrait avoir lieu prochainement et M. Duchesne redoute une réaction du gouvernement en prévision de l'élection. «On est pris en otage, on veut que le gouvernement prenne ses responsabilités et passe à l'action. On ne veut pas attendre l'élection pour une réaction», déplore Régis Duchesne, qui n'a pas été en mesure de rencontrer Justin Trudeau lors de son passage au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en juillet. Les membres du syndicat de l'usine de Dolbeau n'ont pas pu le rencontrer non plus.
Les membres des syndicats des usines de Kénogami et Dolbeau devraient se rencontrer bientôt pour discuter des actions à mettre en place pour l'avenir. «On ne laisse pas mourir le dossier, parce que sinon on laisse mourir les usines», conclut le président d'Unifor pour l'Usine Kénogami, Régis Duchesne.