Orloge évincé du Folk Sale

L'auteur-compositeur interprète de La Baie, Orloge Simard (Olivier Simard), a été obligé d'interrompre son spectacle et de quitter la scène en fin de semaine au Festival Folk Sale de Sainte-Rose-du-Nord à cause des insultes et des crachats qui provenaient de la foule pendant que certaines personnes montaient sur scène pour débrancher les micros afin de l'empêcher de présenter ses chansons.
Orloge Simard est un étudiant à la maîtrise en lettres à l'UQAC qui possède de belles qualités musicales, mais qui utilise une poésie particulièrement vulgaire pour s'exprimer dans plusieurs de ses chansons. Certaines de ses pièces sont comme des vidéos XXX. (N.D.L.R.: Attention, les propos qui suivent sont particulièrement vulgaires): «Goûte à mon 12 pouces pendant qui pousse au lieu de lire du Marcel Proust, lâche-toi lousse fait ta douce... Elle a été déviargée de la raie avant de l'être de la plote, elle a dit qu'elle aimait le mouvement inverse de la crotte». Ces paroles sont un mince aperçu du vocabulaire qu'utilise le jeune homme dans ses compositions.
«Nous avons été invités par le Festival Folk Sale de Sainte-Rose-du-Nord pour présenter notre spectacle et après trois chansons, un petit groupe d'environ 10 personnes s'est présenté en avant de la petite scène pour nous insulter. Ils crachaient sur nous. Nous avons décidé d'arrêter le spectacle avant que ça dégénère, car ça commençait à s'obstiner dans la foule et on craignait que la situation s'envenime», a raconté l'artiste en entrevue téléphonique avec le journaliste du Quotidien hier.
Des marginaux?
Il s'agit d'une réaction surprenante, car le Festival Folk Sale est justement le rendez-vous des marginaux qui ne jugent pas la différence et qui dénoncent l'intolérance. L'événement accueille un trentaine de spectacles de groupe marginaux durant les trois jours que dure l'événement, «Je tiens à préciser que les organisateurs du festival n'ont rien à se reprocher. C'est un incident qui sera peut-être utile finalement, ça me permet d'expliquer le projet Aucun cadre (le titre de son premier album sorti ce printemps).
«Le projet, avec ces chansons, c'est de caricaturer la vérité, de dépeindre un nous "underground" et sale, car ce sont des choses qui existent, c'est un côté laid de notre société qui reflète à quoi peut ressembler un gars influencé par la "porn". C'est le reflet d'une certaine jeunesse qui n'a pas de limite dans sa façon de s'exprimer», fait valoir le Bairiverain qui revendique le droit de raconter des vérités sans jouer à l'autruche. 
Le jeune artiste reconnaît que ses textes ne sont pas à la portée de tous. «Généralement, on fait nos propres spectacles et les gens payent pour nous entendre. Ceux qui ne connaissent pas le personnage Orloge Simard peuvent être offensés», convient-il, précisant que sa mère n'était pas d'accord avec ses chansons au début. «Maintenant elle sait qui je suis et comprend bien ma démarche», confie le jeune musicien qui assure que son oeuvre aura toujours un côté «trash».
Olivier Simard a profité de l'incident «Folk Sale» pour exprimer sur sa page Facebook sa démarche artistique: «... je tiens à préciser que l'art ne se doit pas d'être moral et consensuel. Un peu de dérision ne fait de tort à personne. Tenter de dépeindre un univers malsain et gratuit, c'est la prémisse du projet. Il est homologue à une génération sans cadre. Ceux qui voient là-dedans une tentative pédagogique font clairement fausse route. Ces chansons sont des caricatures absurdes de la vulgarité quotidienne, et le propos est volontairement stupide. On me dira que c'est facile de prétendre au second degré; je renchérirai que c'est encore plus facile de n'y voir que ce que l'on veut y voir.
Sur ce, allez feuilleter le Marquis de Sade entre deux traits de cocaïne; vous pourrez dire que vous êtes capables de lire entre les lignes».