Le photographe Nicolas Lévesque est entré dans l'intimité des chambres à coucher du Centre jeunesse Lachenaie à Roberval pour son projet d'exposition Encaisser l'existence qui tapisse les murs de la galerie l'oeuvre de l'autre au module des arts de l'UQAC.

Objectif jeunes

Le photographe Nicolas Lévesque est entré dans l'intimité des chambres à coucher du Centre jeunesse Lachenaie à Roberval pour son projet d'exposition Encaisser l'existence qui tapisse les murs de la galerie l'oeuvre de l'autre au module des arts de l'UQAC.
N'entre pas qui veut dans un institut pour jeunes délinquants, c'est un milieu assez fermé qui cherche à protéger les jeunes des regards des caméras, d'habitude, mais Nicolas Lévesque, photographe et cinéaste originaire de Roberval, s'est servi de son humanité beaucoup plus que de son charme pour travailler avec des jeunes qui ont joué le jeu de la mise en scène pour se laisser photographier au lit.
«C'est un projet que j'avais abordé avec le Centre Sagamie il y a quelques mois et la galerie de l'UQAC m'a permis d'aller encore plus loin dans le concept de photographier des gens pendant leur sommeil», explique Nicolas Lévesque qui a dû recourir à des mises en scène pour ce projet.
«Les jeunes devaient se cacher le visage, car ils ne peuvent pas être identifiés. J'ai placé l'appareil photo au plafond de la chambre dans les quatre coins pour avoir une vue en plongée non seulement de la personne en pose-sommeil, mais également de tout son environnement. On peut ainsi en apprendre un peu plus sur le jeune étendu dans son lit en regardant sur sa table de chevet ou les vêtements qui traînent par terre», explique le photographe qui a vécu une belle expérience dans le cadre de ce projet.
Pourquoi des jeunes délinquants dans un institut au lieu de choisir six amis dans leur chambre? «C'est ça l'esprit du documentaire. C'est de photographier des lieux est des gens peu communs. Ça demande plus d'effort, il faut établir un climat de confiance avec des gens qu'on ne connaît pas, leur expliquer le projet et les convaincre d'y participer. On travaille toute la journée en réfléchissant à tout ça, quels mots choisir pour convaincre, entrer en relation avec les gens, faire les photos en sachant qu'à 17h il faut quitter les lieux. Les journées passent plus vite et la bière est meilleure le soir» détaille le photographe qui a permis à ces jeunes de vivre une expérience différente de leur quotidien.
L'exposition Encaisser l'existence montre une série de photos grand format noir et blanc de six jeunes dans six chambres de configuration identique. Le propos est documentaire et les corps des jeunes sont photographiés dans leur milieu de vie le plus intime. Ces jeunes ne demandent qu'à être écoutés, qu'à être vus, qu'à être compris. L'exposition qui comprend également des Polaroids grand format sera à l'affiche jusqu'au 23 avril.