Pour le président de FSC Canada, François Dufresne, le futur de l'industrie forestière passe par une gestion responsable des ressources, dont la protection du caribou forestier.

Norme FSC: «la meilleure avenue»

Même s'il salue les efforts mis en place, le Forest Stewardship Council (FSC) juge insuffisant le plan d'action du gouvernement canadien qui vise à protéger le caribou forestier au pays, invitant les parties prenantes à adhérer à la nouvelle norme FSC, opérationnelle d'ici le début de la prochaine année.
En chantier depuis cinq ans, la norme contient un volet sur la protection du caribou forestier, en plus de la protection des peuples autochtones, tel que convenu par les Nations Unies. De plus, la Convention de Nagoya sur la biodiversité oblige le Canada à protéger 17 pour cent du territoire forestier « commercial », c'est-à-dire quelque 250 millions d'hectares. Le pays a jusqu'en 2020 pour répondre à ces exigences.
« Dans la forêt boréale, la protection du caribou forestier est essentielle pour atteindre ces objectifs, a souligné le président de FSC Canada, François Dufresne, en entrevue téléphonique. Je pense qu'on a la solution et que la seule façon d'y arriver de façon équilibrée, c'est d'adopter celles qu'on préconise dans notre nouvelle norme. »
M. Dufresne ajoute qu'il se fait tard afin de respecter l'échéancier de 2020. « On commence à manquer de temps et c'est urgent de mettre l'épaule à la roue et d'avoir des solutions, a-t-il poursuivi. C'est beau d'avoir un plan, mais il faut aussi des solutions. »
Présentement, 10 pour cent du territoire forestier est protégé au Canada. Au Québec, on parle d'un peu moins de 10 pour cent. Environ 20 pour cent (55 millions d'hectares) des forêts canadiennes sont certifiées FSC. L'organisation espère pouvoir certifier la moitié de la forêt commerciale, estimant que 20 pour cent étaient nettement insuffisants.
François Dufresne est satisfait de voir que le gouvernement a publié un plan d'action. D'ailleurs, les solutions proposées par la nouvelle norme du FSC ont utilisé le plan de rétablissement du caribou forestier, tel que préconisé par le gouvernement fédéral en 2012. Il croit toutefois que des solutions concrètes doivent être apportées, ce qu'offre le FSC.
« Notre norme n'est pas tellement différente de ce que propose le gouvernement, c'est juste qu'on tient compte d'autres enjeux et d'une adaptabilité d'une province à une autre », a soutenu François Dufresne.
La solution
Si la norme FSC a soulevé des débats et certaines inquiétudes au sein de l'industrie, François Dufresne est d'avis que les mesures offertes sont celles qui vont permettre à toutes les parties prenantes de trouver leur compte. Le consensus fait partie des valeurs de l'organisme international, a assuré le président de la division canadienne. 
« Le futur de l'industrie forestière passe par une gestion responsable des ressources, a-t-il mentionné. FSC offre des solutions et fait partie de la solution. En considérant que 80 pour cent de l'industrie canadienne exporte, le marché international est bien au fait des enjeux canadiens et comprend très bien la situation. De plus en plus, les grands clients visent la norme FSC en toute connaissance de cause. Il y a moyen de trouver des solutions et il faut arrêter de dire que la protection du caribou rime avec pertes d'emploi. On peut trouver un consensus pour permettre à l'ensemble de la société de conserver la forêt, mais aussi de permettre à notre industrie d'être florissante pour des générations à venir. »