Nana Mouskouri s'apprête à revenir au Québec, notamment au Théâtre du Palais municipal de La Baie, dans le cadre de la tournée soulignant ses 80 ans. Elle se dit privilégiée de pouvoir donner des spectacles à son âge et précise que sa voix demeure dans la même tonalité qu'à 25 ans.

Nana Mouskouri: la chanteuse inoxydable

Une voix familière au bout du fil. Même quand elle ne chante pas, Nana Mouskouri fait danser les mots, laisse filtrer l'état d'émerveillement qui est le sien à l'aube de ses 80 ans. Engagée dans une tournée mondiale qui la mènera au Théâtre du Palais municipal de La Baie, le 8 avril, la Grecque la plus célèbre depuis la déesse Athéna réalise que la vie lui a fait un cadeau.
Rien de garantissait que ses cordes vocales justifieraient un retour sur scène, en effet. Ni le succès de la tournée qui avait coïncidé avec ses 70 ans, une affaire étalée sur quatre ans et qui avait couvert l'ensemble de la planète, ni les sorties effectuées à Berlin, puis dans différentes villes d'Allemagne, en 2011 et 2012. Une voix, ça peut se défaire si rapidement.
« Pour voir si ce retour était possible, j'ai fait des tests avec des musiciens. Je suis heureuse que ça ait fonctionné, parce que la réaction du public est émouvante. Je reviens avec mon âge, mon expérience, et même si la voix est un peu usée, je chante dans la même tonalité qu'à 25 ans. Je suis chanceuse qu'il y ait eu si peu de changement », a confié Nana Mouskouri au Quotidien.
Elle se trouvait à Edmonton, jeudi, au moment où l'entrevue téléphonique a été réalisée. Loin de l'Europe et loin du Québec où l'attendent des milliers de fans, dont certains la suivent depuis un demi-siècle. Ceux du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont été particulièrement patients, puisque sa dernière visite remonte à loin.
« Je me souviens d'être venue en 1966 ou 1967. Chicoutimi est l'une des premières villes du Québec où j'ai donné des spectacles. La route était longue, mais c'est agréable quand on fait la rencontre d'un bon public. Je me sens privilégiée de retrouver des endroits comme celui-là », commente la chanteuse.
Ceux qui la connaissent savent qu'elle n'est pas du genre à proposer le même contenu chaque soir, ce que confirme la principale intéressée en donnant l'exemple des villes où elle a séjourné cette semaine. « Je suis très sensible au fait que chaque communauté affiche des préférences. C'est le cas ici aussi, entre Calgary et Edmonton », fait-elle remarquer.
Son passage au Québec entraînera donc quelques modifications, marquées par une présence plus sentie du répertoire francophone. En plus des quatre ou cinq chansons d'expression française que l'interprète promène partout sur la planète, elle ménagera une place aux compositeurs d'ici, dont plusieurs comptent parmi ses amis.
« L'une de mes pièces préférées est Je reviens chez nous, de Jean-Pierre Ferland. Je l'ai reprise en français, mais aussi en allemand, en espagnol, en anglais et en grec. J'ai aussi fait beaucoup de folklore, ainsi que du Gilles Vigneault et du Robert Charlebois », rappelle Nana Mouskouri.
L'artiste revient ensuite sur un album enregistré en 2011, une série de duos baptisée Nana and Friends. L'un de ses partenaires fut Roch Voisine, qui l'a accompagnée sur le classique de Joan Baez, Farewell Angelina. « À mes débuts, j'ai été influencée par les grands chanteurs, mais il faut aussi écouter les plus jeunes, énonce-t-elle. Grâce à Roch Voisine, j'ai interprété cette chanson différemment. »
La jeunesse, c'est également sa fille Lenou. Elle participe à la tournée après avoir prêté sa voix à un duo, Tous les arbres sont en fleurs, sur Nana and Friends. « J'aime travailler avec elle, ainsi que les musiciens, qui appartiennent à une autre génération. D'une certaine manière, je fais la transition », affirme Nana Mouskouri.