Sara Moisan dans Le petit cercle de craie.

Moyens modestes, théâtre riche

La vie théâtrale a été riche en 2015. Les compagnies de la région ont produit des spectacles de haute tenue, malgré des moyens souvent limités.
Le petit cercle de craie
En avril, le public rassemblé au Petit Théâtre de l'UQAC a découvert la nouvelle création de La Tortue Noire, Le petit cercle de craie. Toujours fidèle au théâtre d'objets, la compagnie saguenéenne a adapté un texte de Berthold Brecht décrivant la fuite d'une servante à la suite de l'assassinat de son maître, le gouverneur de l'État.
Elle cherchait à sauver un enfant que les révolutionnaires voulaient tuer, puisqu'il avait le statut d'héritier. Signée Sara Moisan, qui donnait la réplique à Christian Ouellet, la mise en scène empreinte de poésie a ouvert une fenêtre sur ce que vivent les populations civiles dans les zones de conflit. Un sujet qui demeure tristement actuel.
Et si on avait La vie devant soi
<p>Patrick Simard dans la pièce <em>Et si on avait La vie devant soi.</em> </p>
Dernier à se lancer cet automne, le Théâtre CRI a déployé des trésors d'imagination pour rendre justice au roman d'Émile Ajar dans la pièce Et si on avait La vie devant soi.
Ce spectacle interprété par Éric Chalifour, Patrick Simard et Guylaine Rivard décrit la relation entre deux marginaux: un garçon fantasque et une dame arrivée au bout de sa vie. Des photographies manipulées par les comédiens faisaient office de décor, une manière élégante de composer avec l'absence de moyens financiers.
L'humanité des personnages a été bien rendue par le trio qui, il faut le signaler, jouait pour la première fois dans la salle polyvalente de la bibliothèque municipale de Jonquière. Si nous vivions dans une société qui valorise vraiment l'éducation, cette pièce serait présentée dans toutes les écoles. Elle vaut bien des cours d'éducation civique.
Apocalypse
<p>Martin Giguère</p>
Les Clowns Noirs sont revenus avec une nouvelle pièce, cet automne. Pendant près de deux heures, ils ont voyagé dans le temps et participé à des expériences scientifiques douteuses dans le but de produire la dernière réalisation artistique de l'histoire de l'humanité.
Plus que jamais, le texte de Martin Giguère a multiplié les péripéties en s'abstenant, cette fois, de commenter la vie politique au Saguenay. On était dans l'aventure pour l'aventure, dans le rire absurde et dans le plaisir pur, heureux de constater que l'humour des Clowns demeure aussi aiguisé qu'à leurs débuts.
La maison près du lac
Plusieurs spectacles ont été proposés par des troupes de l'extérieur, dont cette oeuvre diffusée par La Rubrique en février, à Jonquière. Conçue par une compagnie israélienne, elle met en scène trois filles qui sont enfermées dans une pièce en attendant le retour de leur mère.
Au début, l'atmosphère est détendue. On voit se profiler la personnalité de chacune des soeurs incarnées par des comédiennes, ainsi que des marionnettes. Peu à peu, cependant, le suspense s'installe. On réalise que les forces de l'ordre rodent autour de la maison et on a aussi peur que les petites.
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