La pression peut affecter plusieurs hommes au lit.

Messieurs, on se calme

CHRONIQUE / Bienvenue en 2017. Pas facile par les temps qui courent de faire l'amour, n'est-ce pas messieurs ? Je vous vois défiler, l'un après l'autre, m'expliquant que vous n'y arrivez tout simplement pas, ou plus. Que vous ne tenez plus le coup. Que votre corps abdique pour laisser libre cours à votre tête. Vous me spécifiez, bien sérieusement, souffrir de troubles érectiles, d'une baisse de libido ou encore d'anorgasmie. Vous me nommez les choses telles de grands spécialistes de la sexologie. Pourtant, au-delà de ces symptômes, c'est davantage de ce mal du siècle que je crois que vous souffrez, moi. L'anxiété de performance sexuelle chez l'homme, ça vous dit quelque chose ?
D'abord, c'est cette volonté d'être bon, très bon, plus que bon sous la couette ! À ceci s'ajoute la détermination d'être physiquement capable de toutes prouesses péniennes dignes des érections d'Apollon. Vient ensuite cette fameuse requête d'être en « mesure de » au moment choisi, à une fréquence préétablie et pendant un temps alloué. Le tout, additionné du « bon vouloir » d'amener minimalement madame au septième ciel ne serait-ce que quelques fois, de la ravir de toutes les positions possibles et inimaginables, de la rendre fontaine, de la combler de tous ses orifices et bien sûr, d'être l'unique responsable, tel un gentleman, du niveau de succès de la relation sexuelle. Un sacré programme !
Épuisement
Juste à vous le définir, voilà comment je me sens, épuisée ! Propre à l'anxiété tout court, inutile de vous préciser que vous êtes plus d'un, quidam, à avoir le hamster cérébral qui court à l'idée même d'une relation sexuelle imminente.
« Vais-je être capable de bander, mon érection durera-t-elle, aurai-je suffisamment envie, et si j'éjaculais trop vite, et si elle n'aimait pas ça, et si, si, si. »
De quoi brimer, pour ne pas dire tuer tout lâcher-prise nécessaire à la réponse sexuelle comme telle. Quand la tête n'y est pas, difficile de faire suivre le corps. D'autant plus vrai quand, en plus, une pareille cogitation mène à la résultante d'une absence ou d'une perte d'érection, d'une éjaculation précoce, d'une incapacité à vivre l'orgasme ou encore d'un désir sexuel à plat. Un précédent risquant forcément d'augmenter à la puissance mille le niveau de stress pour le futur.
Cause
Garçons, que s'est-il passé pour que vous deveniez si exigeant sexuellement parlant envers vous-mêmes ?
Possiblement, à l'instar de vos ancêtres, vous voyez des modèles à imiter ! Ovila ne se souciait pas d'être aussi efficace que Ron Jeremy. Contrairement à l'acteur porno, il faisait son devoir conjugal, comme lui dictait son instinct et devoir, sans plus. Un tout autre mandat pour vous qui subissez les normes sociales dictées par l'hypersexualité sociétale. Un homme alpha aux attributs et aux capacités dominants, extravagants, fantasmagoriques, voilà ce que plusieurs croient devoir être.
Les Dieux de la scène, les acteurs pornos, les icônes masculines, ces mâles exempts de failles, de vulnérabilité, voire même de sentiments, que l'on côtoie dans les téléromans prônent que du rêve, le saviez-vous ? Dans la vraie de vraie vie, eux aussi sont des êtres faillibles au lit. Ce n'est que du faux, détendez-vous de grâce !
Et les filles, n'êtes-vous pas 100 % étrangères à cette pression exercée sur le citron ? Sans crier à la généralité, plus d'une pousse les attentes à avoir un homme capable de bien des choses, sexuellement parlant, justifiant une certaine passivité sur le modus operandi de ladite relation sexuelle. Tout ne repose pas que sur le bras canadien de chéri, l'aviez-vous oublié ? Quand le bât blesse, inutile d'en ajouter.
D'identifier les causes anxiogènes, voici une grande partie de la solution. Reste ensuite à les vaincre et bien sûr, à accepter les difficultés avec un grain de sel.