Un bracelet intelligent

Ma nouvelle dépendance

CHRONIQUE / «Vous avez dormi 5h28 cette nuit. Vous avez été éveillée une fois et agitée 11 fois.»
C'est le message que j'ai reçu sur mon cellulaire, le matin du 25 décembre. Un message signé par mon Fitbit. Mon nouveau meilleur ami. Un petit bracelet intelligent, qui transmet une foule de données que mon corps lui envoie et qui analyse le tout grâce à une application installée sur mon cellulaire. Mes pas, mes calories, mes activités physiques, mon sommeil: c'est comme si on m'avait installé une puce électronique sous la peau. Digne d'un scénario de science-fiction des années 90. Ça fait seulement deux jours que mon Fitbit m'accompagne que j'en suis déjà complètement accro. Combien de pas ai-je effectués depuis que je suis levée? Vais-je atteindre mon objectif quotidien? Ai-je suffisamment dormi? J'ignore comment il fait, mais il me dit tout ça, sans que j'aie à lui demander quoi que ce soit. Une vraie petite merveille.
Aussitôt que j'ai déballé mon nouveau jouet, le soir du 24 décembre, je l'ai installé à mon poignet. J'ignorais encore qu'il allait scruter mes moindres gestes, allant des calories perdues jusqu'aux mouvements que mon corps fait durant mon sommeil.
Dès que j'ai ouvert l'oeil, le matin du 25 décembre, j'ai rejoint mes neveux et mes nièces au salon, qui jouaient avec les cadeaux qu'ils avaient eus la veille. Moi, j'ai joué avec mon nouveau bidule.
Ainsi, j'ai su que mon sommeil avait été perturbé 11 fois durant ma courte nuit. Perturbé par quoi? Ça, je l'ignore. Mon Fitbit n'est tout de même pas assez intelligent pour me dire pourquoi, à 3h36, j'ai été agitée durant une minute. Un jour, peut-être, ce genre de gadget nous enverra un message sur notre cellulaire, transmettant la vidéo de nos rêves. La technologie y est presque. Et ça en devient presque inquiétant.
D'ailleurs, c'est en plein le genre de bidule qui peut finir par m'obséder. Déjà, j'ai hâte à demain pour savoir combien de pas j'ai effectués, si j'ai brûlé plus de calories que j'en ai avalé et si j'ai dormi mes huit heures de sommeil d'affilée. Vraiment, un truc pour rendre fou. J'ai simplement oublié de le remettre après ma douche que j'en étais toute désolée. J'avais perdu quelques pas effectués dans mon bilan quotidien!
Mais si j'ai demandé ce bijou électronique au père Noël, ce n'est pas pour savoir combien de fois j'ai été agitée durant la nuit, ni si je suis capable d'effectuer les 10 000 pas recommandés quotidiennement. C'est que, comme je vous l'ai raconté dans une précédente chronique, je me suis mise au jogging il y a de ça un an et demi. Je ne fais toutefois pas vraiment attention ni à mon temps, ni à mes distances, lorsque je pars jogger. Je me connais, je savais que je pouvais facilement abandonner mes bonnes résolutions si je me mettais trop de pression. La course est pour moi un vrai plaisir, pas un nombre de kilomètres courus en moins de temps possible. Mais, pour l'année 2016, j'ai pris une résolution. Cette fois-ci, je me lance comme défi de participer à un événement sportif au cours de l'année. Je ne rêve pas de devenir une Ironman, mais je me sens prête à accomplir un petit défi sportif. Un marathon à relais, la Course des Pichous, la Course de nuit du Grand Défi Pierre Lavoie; ma décision n'est pas encore prise. Mais je veux mettre toutes les chances de mon côté. Et je veux surtout savoir si je suis capable de m'en sortir sans finir bonne dernière. Ce sera donc mon charmant Fitbit qui me servira d'entraîneur personnel. Je vais peut-être devenir complètement obsédée. Je vais peut-être avoir besoin de suivre une cure de désintoxication contre ce machin électronique. Mais, au moins, ce sera pour une bonne cause.
Et ma résolution d'être moins dépendante de mon cellulaire et des médias sociaux que je m'étais promis de prendre cette année? Eh bien, ce sera pour 2017.
Joyeuses Fêtes!