Louis Bernard remis en liberté

L'homme arrêté en possession d'une carabine chargée de calibre .303 le 1er juillet dernier, est remis en liberté sous caution, avec l'encadrement de ses parents, retraités.
L'enquête sur remise en liberté de Louis Bernard, 33 ans, a permis de constater qu'il vivait depuis quatre ans une relation malsaine avec une femme atteinte d'un trouble de la personnalité limite qui usait de violence envers lui.
L'enquête caution permet l'audition de témoins qui peuvent raconter des événements par ouï-dire.
Les parents de Louis Bernard, des retraités qui ont élu domicile à leur chalet de Saint-Thomas-Didyme, ont mis en suspens leurs projets d'été et un voyage en Europe afin de venir à l'aide de leur fils, incarcéré.
Ils ont offert de louer un appartement à Chicoutimi et d'y résider pour encadrer leur fils en liberté afin de rassurer le tribunal. Ce sacrifice est consenti afin d'éviter qu'il ne perde son emploi d'opérateur de salle de cuves chez Rio Tinto Alcan obtenu en 2012.
«Je ne suis pas un criminel endurci, madame la juge, juste quelqu'un qui a fait une coche mal taillée», a imploré Louis Bernard, visiblement affecté par les événements de la dernière semaine.
Le 1er juillet, il a été intercepté pour vitesse excessive au volant de son véhicule. Une carabine de calibre .303, une balle dans le canon et cinq autres dans le chargeur, était derrière le siège du conducteur. Son taux alcoolémie atteignait 119 et 110 milligrammes par cent millilitres de sang.
Sa conjointe le suivait dans un autre véhicule qui s'est stationné à proximité, pendant l'intervention policière. Deux heures plus tard, elle faisait une déclaration, puis une seconde le lendemain dans laquelle elle affirmait avoir été braquée et menacée, ce qui constitue une infraction punissable d'un minimum d'un an d'incarcération. Le surlendemain, elle a produit une troisième déclaration et a renié en grande partie la seconde et s'est attribuée des initiatives fréquentes de violence. Elle y déclare au sujet de Louis Bernard: «Il n'a jamais été violent envers moi. Je l'ai poussé à bout: j'ai un trouble de personnalité et je suis médicamentée. Je l'aime; c'est la meilleure personne que j'aie rencontrée».
Malgré ce revirement de situation, Me Mélanie Paré du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales, a déclaré au tribunal qu'elle pourrait mettre en preuve la (deuxième) déclaration incriminante de la conjointe sans que celle-ci accepte de témoigner.
Relation malsaine
Tour à tour, le père et la mère de Louis Bernard l'ont décrit comme une personne douce et évoqué la rencontre de leur fils avec sa conjointe qui fut un choc pour tous: à la première fête familiale, la conjointe avoir fait une crise et frappé leur fils au cou avec un couteau. La camionnette de leur fils a été vandalisée, les pneus tailladés et le pare-brise mis en morceaux.
«Il faut qu'il coupe avec elle, a déclaré la mère, quand elle est en crise, tout peut arriver».
Le fils s'est graduellement distancé de ses parents et ils craignaient qu'un jour, quelque chose de grave puisse se passer, mais leur fils se faisait rassurant, dans les rares contacts qu'ils maintenaient.
Un agent de liaison du programme d'aide aux employés de RTA a ensuite confirmé quatre rencontres tenues avec l'accusé et d'autres à venir avec une professionnelle.
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