«Le Québec veut faire la démonstration que son régime est compétitif, fiable et robuste», a émis le ministre Luc Blanchette dans un communiqué.

Litige sur le bois d'oeuvre: PFR représentera le Canada

Produits forestiers Résolu représentera le Canada dans le litige sur le bois d'oeuvre. Le Département du commerce américain a choisi d'inclure une entreprise québécoise dans le cadre de l'enquête en droits compensateurs et dumping visant les exportations de bois d'oeuvre canadien aux États-Unis.
L'enquête vise à examiner les régimes forestiers et les programmes offerts à l'industrie forestière par le fédéral et les provinces canadiennes.
Cette décision a réjoui les ministres québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs et de l'Économie, Luc Blanchette et Dominique Anglade, alors que se profile à l'horizon un autre conflit majeur qui risque d'avoir un impact important sur l'industrie du bois d'oeuvre dans les régions du Québec.
Le gouvernement compte toujours sur l'adoption de son nouveau régime forestier pour convaincre les Américains que les entreprises ne bénéficient d'aucune subvention ou avantage indus.
«Cette décision était très attendue parce que la réalité d'affaires de l'industrie forestière varie d'une province à l'autre. L'industrie du bois d'oeuvre résineux est un secteur majeur de notre économie et c'est pourquoi le Québec doit préserver sa compétitivité. Nous sommes très actifs dans ce dossier et collaborons de près avec le fédéral afin de s'assurer que les intérêts de l'industrie forestière québécoise sont respectés et protégés», a réitéré la ministre Dominique Anglade dans un communiqué émis en milieu d'après-midi vendredi.
De son côté, le ministre Luc Blanchette cite en exemple le nouveau régime forestier québécois et son système de vente aux enchères pour rappeler que le bois des forêts québécoises est vendu aux entreprises selon la valeur du marché. Le communiqué note que la réalité d'affaires est différente d'une province à l'autre et qu'il est primordial de bien faire ressortir les particularités de l'industrie québécoise.
«Le Québec veut faire la démonstration que son régime est compétitif, fiable et robuste. Les négociations actuelles sont cruciales pour la vitalité économique du Québec parce que le secteur forestier est l'un des seuls secteurs économiques présents dans toutes les régions. Le gouvernement continue de travailler avec l'industrie forestière et souhaite qu'un accord soit conclu au bénéfice de l'industrie et de ses travailleurs», a ajouté le ministre Luc Blanchette.
Enjeu de taille
L'enjeu est de taille pour le gouvernement libéral. C'est le gouvernement de Jean Charest qui a mis en branle la mise en place d'un nouveau régime forestier sous prétexte qu'il mettrait l'industrie québécoise à l'abri d'une éventuelle crise du bois d'oeuvre. La mise en place du nouveau régime forestier québécois s'est soldée jusqu'à maintenant par une augmentation significative du coût de la fibre.
Le professeur au département de sciences politiques de l'Université Laval Carl Grenier, spécialiste des négociations commerciales internationales, croit de son côté que le Québec ne parviendra pas à se dissocier des provinces canadiennes et devra composer avec une surtaxe sur ses exportations de bois d'oeuvre.
Il n'a pas été possible de parler vendredi au président de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau, qui se trouvait à Washington pour assister à l'assermentation de Donald Trump comme président des États-Unis.