L'histoire d'amour entre le ministre fédéral Denis Lebel et la Traversée se perpétue. «J'étais associé à l'événement dès l'âge de 16 ou 17 ans. C'est exceptionnel pour moi d'en être l'invité politique, cette année. Je le prends comme un cadeau de la vie. C'est une marque de reconnaissance de l'organisation et ça me touche profondément».

L'invité politique

Denis Lebel savoure quelques moments de gloire bien méritée en cette semaine de La Traversée internationale du lac Saint-Jean. Il en est l'invité politique. D'autres personnalités dominantes ont contribué, dans le passé, à populariser l'événement.
Le plus connu fut sans doute Johnny Weissmüller, cinq fois médaillé d'or aux Olympiques de 1924 et de 1928. Hollywood en fit par la suite, dans plusieurs films, le personnage de Tarzan, roi de la jungle. Alors qu'il était premier ministre du Canada, à la fin de la décennie 1960, Pierre Elliott Trudeau, accepta l'invitation de Pierre Lajoie qui fut président de l'organisation durant trois ans. Il se donna en spectacle au grand amusement de la foule qui attendait l'arrivée des nageurs au quai de Roberval.
Le tremplin
La Traversée fut un véritable tremplin pour Denis Lebel qui a servi dans l'organisation durant plusieurs années. Des grands maîtres de la nage en eau libre comme Iglesias, Willemse, Kinsella et le Montréalais Réjean Lacoursière furent ses intimes durant les festivités qui précèdent le marathon.
Il cultive une grande admiration pour le courageux Robert Cossette et sa fille Christine qui ont multiplié les exploits d'endurance pour alimenter l'intérêt du monde sportif. Après avoir ainsi oeuvré intensément dans la préparation et la réalisation de plusieurs Traversées, l'ancien maire de Roberval voue une reconnaissance mille fois renouvelée à Jacques Amyot, le premier vainqueur du lac Saint-Jean qui, à 90 ans, demeure un joyeux gai luron et roule à vélo pour maintenir la forme.
Denis Lebel me racontait à notre dernière rencontre avoir été désigné arbitre international de nage amateur dans les eaux vives avant de se lancer en politique. Il fallait prévenir les astuces déloyales de certains participants. Comme de s'accrocher à un bateau, marcher dans les hauts fonds ou se faire tirer avec une corde par un complice.
Cette gérance de la compétition l'a bien préparé aux responsabilités qu'il assume aujourd'hui. Il a surtout apprécié ses déplacements en Égypte, en Australie, au Brésil et en Europe pour solliciter la participation de champions nageurs. « Partout, on m'accueillait chaleureusement en comparant le prestige de la Traversée à celui du tournoi de tennis de Wimbeldon malgré l'énorme écart dans la valeur des bourses.
Issu d'un milieu humble, Denis Lebel est un autodidacte. Il n'avait que 16 ans quand il a commencé à travailler à temps partiel, à l'Hôpital de Roberval. Après avoir lavé la vaisselle et nettoyé les planchers pendant trois ans tout en poursuivant ses études au Cégep de Saint-Félicien, il accepta de remplacer un employé de la comptabilité en congé maladie. Il demeura à ce poste de 1973 à 1994 avant d'accepter la direction de l'Ermitage Saint-Antoine-du-lac - Bouchette puis celle de Val-Jalbert.
Un rassembleur
Il entra dans l'univers de la politique en se faisant élire maire de Roberval en l'an 2000. Et quand son prédécesseur à Ottawa lui a confessé son incapacité à défendre l'important projet qu'il venait de lui présenter, il a décidé d'aller plaider lui-même sa justification. Ses amis l'incitèrent par la suite en franchir une nouvelle étape, cette de la politique fédérale.
Athlète accompli, il apprit l'anglais en parcourant le pays à la défense de son championnat au badminton. Il parcourt toujours annuellement quelque 4000 kilomètres en vélo et il roulait aux côtés de l'ironman Pierre Lavoie au premier Grand Défi.
Connaissant son sens de la diplomatie, il évitera toujours de commenter les affrontements qui déchirent le conseil municipal de Roberval. Mais sa réponse, il l'a déjà fournie en faisant de la concertation sa plus grande réalisation à la mairie. "Un maire au Québec, analyse-t-il, c'est un administrateur-animateur. Il doit stimuler l'activité économique et projeter une image positive de sa ville pour que les gens aient le goût d'y demeurer et aux entreprises de s'y installer."
Quant à la concertation, elle explique le succès planétaire de la Traversée internationale du lac Saint-Jean.