Bad Religion se produira ce soir, sur la zone portuaire de Chicoutimi. Recruté l'an dernier, le guitariste Mike Dimkich raconte que la liste des chansons sera déterminée une heure avant l'entrée en scène de la formation californienne. Elle puisera dans son imposant catalogue afin de proposer un mélange de pièces familières, de perles méconnues et de nouvelles compositions.

«L'éthique punk» toujours bien présente

Mike Dimkich faisait partie du groupe The Cult, il y a un an, lorsqu'on l'a invité à remplacer le guitariste de Bad Religion, Greg Heston. Celui-ci était aux prises avec des problèmes personnels et comme il ne restait que dix jours avant de partir en tournée, le sentiment d'urgence était perceptible.
«Je me trouvais à la maison, où je me reposais à la suite d'une série de spectacles. J'étais disponible pour jouer et j'ai appris 25 chansons avant de rejoindre les autres», a raconté le musicien hier après-midi, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Il venait d'arriver à Rimouski, dernière escale avant la zone portuaire de Chicoutimi, où Bad Religion se produira aujourd'hui.
Il faut croire que la greffe a collé, puisque le virtuose du manche est devenu un membre à part entière au début de 2014. Il est beaucoup plus familier avec le répertoire de la formation punk originaire de la Californie, mais ça ne veut pas dire que l'homme est au-dessus de ses affaires. À chaque sortie, en effet, ses collègues prennent un malin plaisir à modifier la liste de chansons.
«Les spectacles sont toujours différents. C'est Jay (Bentley) qui dresse la liste, tandis que Brian (Baker) et Greg (Graffin) effectuent des changements en tenant compte de l'endroit, du public qui sera là. Je suis avisé une heure avant et même si c'est parfois compliqué, j'aime cette façon de procéder. Je trouve ça excitant», fait observer Mike Dimkich.
L'éthique punk
Les titres ne sont pas toujours les mêmes, mais depuis le début de la nouvelle tournée, Bad Religion propose un mélange de pièces familières, de perles méconnues et de nouvelles compositions, souvent tirées de l'album True North. De quoi satisfaire les fans, tout en les gardant sur le qui-vive.
C'est ainsi que le groupe préserve une certaine fraîcheur, même après 35 ans. Le petit nouveau est d'ailleurs impressionné par l'attitude de ses collègues. «Cette organisation est saine d'un bout à l'autre. Il y a une part de travail dans ce qu'on fait, mais on ne joue pas juste pour l'argent. L'éthique punk demeure présente», constate Mike Dimkich.
Il faut croire que les fans le perçoivent, puisque les spectacles de Bad Religion réunissent beaucoup de jeunes qui n'ont pas l'excuse de la nostalgie. «C'est très différent, par rapport à mon ancien groupe. On voit plein de gens dans la vingtaine qui connaissent même les vieilles chansons», révèle le guitariste.
Il croit que la qualité des compositions, jumelée au fait que la formation n'a jamais cessé de tourner, explique cet engouement. Il y a aussi l'attrait qu'exercent les anciens, à une ou deux générations de distance. Lui, par exemple, se souvent du temps où il était entiché des New York Dolls, qui ont eu leur heure de gloire juste avant l'émergence du mouvement punk.
Quant à la dimension politique, toujours présente chez Bad Religion, elle rejoint les jeunes parce que la réalité n'aujourd'hui n'est pas si différente de celle des années 1980. «Il y a encore des guerres», note Mike Dimkich avec à-propos. C'est ce qui lui fait dire que le punk reste pertinent. On achète des albums et on fréquente les spectacles parce que ça répond à un besoin.
Rappelons que le rendez-vous d'aujourd'hui est prévu pour 19h, soit une heure après l'ouverture des portes à la zone portuaire. Les productions GoHome! , qui assument le rôle de diffuseur, ont invité quelques groupes à réchauffer la place avant l'arrivée de la tête d'affiche, aux alentours de 21h.