La bibliothèque du Conservatoire recèle de nombreux trésors sur lesquels veille France Tremblay. Certains sont en papier, d'autres en vinyle ou virtuels.

Les trésors méconnus du Conservatoire

Le Conservatoire de musique de Saguenay renferme des trésors méconnus. Ils prennent la forme d'enregistrements regroupés dans sa bibliothèque et mettent ses élèves en vedette. Captés lors de concerts ayant pour but d'affiner leurs interprétations, ils ouvrent une fenêtre sur le cheminement d'artistes qui, dans bien des cas, font figure de références pour les mélomanes.
Alors qu'aujourd'hui, on immortalise les performances sur un disque compact, la plupart des archives sonores sont constituées de bobines. Elles permettaient aux musiciens et aux chanteurs de jeter un regard critique sur leur travail, seuls ou en compagnie de leur professeur.
Parmi ceux qui ont été immortalisés, on remarque les pianistes Claire Ouellet et Sandra Murray, la violoniste Hélène Collerette et l'organiste Régis Rousseau, qui est devenu directeur général du Conservatoire. Ce qui fait rêver, aussi, c'est l'idée que dans les boîtiers sagement alignés sur les étagères, il y a des enregistrements de chanteuses comme Manon Feubel et Marie-Nicole Lemieux.
«On a tout gardé parce que des fois, les gens reviennent pour se réécouter, plusieurs années après leur départ. Il y a également des étudiants qui souhaitent entendre leur professeur, quand c'est un ancien du Conservatoire. Ils voient comment il jouait au même âge», raconte France Tremblay, qui oeuvre à la bibliothèque depuis 1984.
Des trésors silencieux
Le lieu où les bobines sont rangées se trouve au fond de la bibliothèque et témoigne de l'époque où le bâtiment de la rue Jacques-Cartier, à Chicoutimi, abritait le palais de justice. Il fait partie d'un ensemble de quatre locaux qui, jadis, servaient de cellules pour les détenus qui attendaient de passer devant le juge.
Tous les enregistrements ont été conservés, mais effectuer une recherche ciblée demande un peu de patience. Les documents n'ayant pas été classés, faute de temps et de ressources, on doit ouvrir chaque boîtier pour voir qui joue, qui chante. C'est ainsi que mardi, par hasard, l'auteur de ces lignes est tombé sur un concert capté en 1981, où un très jeune Jean-Philippe Tremblay apprivoisait le violon.
Dans un monde idéal, le contenu des bobines et des mini-cassettes, le format qui a précédé l'avènement du compact, serait dûment numérisé. En attendant, il faut renoncer à entendre plusieurs des artistes qui ont étudié au Conservatoire parce l'appareil qui lit un certain type de bobines ne fonctionne pas.
«Il est brisé et on n'a trouvé personne pour le réparer. C'est celui sur lequel on écoute les bobines qui ont été enregistrées des deux côtés de la bande. Par contre, les bandes enregistrées d'un côté seulement peuvent être entendues. L'équipement est fonctionnel», précise France Tremblay.