L'étudiante Marissa Lebel a vu sa technique de chant être grandement bonifiée dans le court laps de temps dont elle a pu bénéficier auprès de Marie-Ève Munger.

Les précieux conseils de Marie-Ève

Il ne suffit parfois que de quelques minutes auprès des étoiles pour enfin briller dans toute sa splendeur. C'est ce qu'ont découvert quelques étudiants privilégiés du Collège d'Alma alors qu'ils ont eu la chance de participer à une classe de maître donnée par la soprano colorature Marie-Ève Munger.
La classe de maître a eu lieu, hier en après-midi, à la Tourelle du Collège d'Alma. Plus d'une centaine de curieux ont assisté avec un vif intérêt à l'événement. C'était là aussi une occasion unique d'en savoir davantage sur les rouages du chant classique, et ce, quelques jours avant le départ pour Milan de Marie-Ève Munger.
Pendant près de deux heures, des étudiants en chant classique ont pu bénéficier de séances d'une durée d'une vingtaine de minutes chacune. À tour de rôle, ceux-ci montaient sur scène afin d'interpréter une oeuvre de leur choix. Après leur prestation, Marie-Ève Munger leur prodiguait des conseils qui risqueront fort bien de laisser leur trace dans un proche avenir.
À cet effet, l'étudiante Marissa Lebel a vu sa technique de chant être grandement bonifiée dans le court laps de temps dont elle a pu bénéficier. Après avoir merveilleusement livré le Voi che sapet de Mozart devant ses collègues étudiants, l'apprentie chanteuse s'est pliée avec plaisir aux différentes expérimentations de Munger.
Cette dernière lui a tout d'abord fait remarquer le changement soudain de sa posture au moment de chanter, tout en la rassurant qu'il s'agissait là d'un tic nerveux très fréquent chez les interprètes. D'ailleurs, Munger a confié que, dans son cas, lorsque la nervosité s'en prenait à elle, c'était sa main droite qui se laissait aller à des mouvements curieux. Du coup, Marie-Ève Munger a invité la jeune chanteuse à chanter en position assise, tout en suspendant ses pieds, de façon à ce qu'ils ne touchent pas le sol.
Parmi les autres conseils qu'elle aura prodigués à Marissa Lebel, la soprano l'a aussi conscientisée à l'importance de maximiser sa respiration afin que sa voix puisse porter bien au-delà d'un orchestre symphonique et ainsi se rendre jusqu'au dernier spectateur d'un auditoire de 3000 personnes.
Moins de vingt minutes après son arrivée sur scène, la jeune chanteuse y est allée d'une dernière interprétation et déjà, celle-ci chantait avec une plus grande assurance, mais surtout, avec puissance. Décidément, une excellente pédagogue sommeille quelque part dans l'esprit de Marie-Ève Munger.
Échanges
La classe de maître s'est terminée par un échange avec les étudiants, sous la forme de questions/réponses. Les interrogations étaient nombreuses chez les jeunes musiciens et chanteurs dans la salle.
Évidemment, le départ pour Milan de Marie-Ève Munger a piqué la curiosité de plusieurs personnes. Il faut savoir que celle-ci quittera pour le prestigieux théâtre d'opéra le 3 avril. « Même si les représentations ne se tiendront qu'à partir du 18 mai, dès mon arrivée en Italie, je devrai donner mon maximum, a expliqué aux étudiants Marie-Ève Munger. En fait, la journée la plus importante sera la première journée d'audition. Parce que même si on est prévue à l'affiche depuis un bon moment, si jamais on ne livre pas la marchandise lors de cette journée, la direction peut tout à fait se donner le droit de nous expulser de la production. C'est arrivé assez souvent. »
Parmi les autres questions auxquelles Marie-Ève Munger a bien voulu répondre, celle-ci a confié qu'elle traînait partout son tapis de yoga et qu'elle s'adonnait aussi au tricot afin de faire le vide du stress ambiant. Sinon, même lorsqu'elle est en vacances, elle effectue quotidiennement au moins 45 minutes de chant afin de ne pas perdre le contrôle de sa voix.
Maintenant, pour ceux et celles qui aimeraient assister à la prochaine production à laquelle prendra part Marie-Ève Munger, ils devront se rentre en Italie, au théâtre La Scala. La soprano interprètera le rôle de Vierte Magd dans l'Elektra de Strauss.