Le drame du BIXI est imputable au refus de l'administration Tremblay, en 2007, de rattacher cette activité tout simplement au réseau de transport en commun sous la responsabilité financière de la STM, la Société de transport de Montréal.

Les PME s'inquiètent

À la dernière campagne électorale d'août-septembre 2012, la chef péquiste Pauline Marois avait donné une conférence de presse sur le terrain de stationnement de RONA, à Chicoutimi. Entourée des cinq députés de la région et de Nicolas Marceau, son futur ministre des Finances, elle avait expliqué vouloir préserver un fleuron de l'économie québécoise contre les appétits du grand capital. Le géant américain Lowe's venait tout juste de présenter une proposition non sollicitée pour acquérir ce fleuron de la quincaillerie canadienne.
Les trois principaux partis à l'Assemblée nationale approuvent l'important investissement de la Caisse de dépôt dans RONA. J'apprécierais qu'un de nos chefs d'État prenne une initiative tout aussi spectaculaire, en pleine campagne électorale, pour attirer l'attention populaire sur la contribution précieuse des PME à l'économie des régions périphériques et l'importance de la soutenir par une législation adéquate.
Un succès coûteux
À l'époque où les cyclistes des grandes villes américaines et européennes espéraient pouvoir rouler sur ce BIXI qui ravissait les Montréalais, j'avais suggéré aux conservateurs de profiter de la campagne électorale de 2011 pour inviter le premier ministre Harper à pédaler sur le vélo assemblé chez Devinci lors de sa tournée chez nous. Il aurait ainsi imité le maire de Londres qui avait posé fièrement sur une bicyclette sortie du Parc industriel de Chicoutimi. On m'avait répondu que le système de sécurité qui tisse en permanence une discrète ceinture de protection autour du premier ministre canadien s'y était opposé.
En tendant la main à Saguenay, le 4 mars dernier, Denis Coderre aurait pu compléter son invitation au partenariat en manifestant un peu de compassion pour Devinci et les autres PME régionales qui ont perdu de l'argent dans l'aventure alors qu'elles n'ont rien à se reprocher.
Le nouveau maire de la métropole a eu toutefois l'honnêteté de reconnaître le succès de BIXI après avoir annoncé le rachat par la ville, au coût de 11,9 millions$, des actifs de la SVLS, la société mise en faillite qui assumait la gérance du projet. «Les 25 000 déplacements quotidiens rigoureusement recensés démontrent de façon incontestable l'attachement des Montréalais pour leur système de vélo en libre-service», s'était-il réjoui.
L'erreur fatale
Le drame du BIXI est imputable au refus de l'administration Tremblay, en 2007, de rattacher cette activité tout simplement au réseau de transport en commun sous la responsabilité financière de la STM, la Société de transport de Montréal. Et l'erreur fatale, selon l'éditorialiste François Cardinal de La Presse, c'est d'avoir décidé de «produire à l'interne un logiciel de gestion en lieu et place de la solution de 8D Technologies utilisée au départ.»
Revenons à l'intérêt que tous les partis voulaient manifester à l'endroit des PME durant la présente campagne électorale. Il ne se traduit pas par des mesures concrètes. «Les gouvernements annoncent plein de projets, confiait, samedi dernier, à La Presse, Luc Boivin, le conseiller municipal de Saguenay qui dirige la Fromagerie Boivin, mais sur le terrain, il ne se passe rien.»
Il a rappelé la perte, par les régions-ressources, du crédit d'impôt sur la main-d'oeuvre. «Le taux de chômage augmente et les entrepreneurs qui vont bien font des affaires à l'intérieur du Québec. Il faut relancer les projets miniers Arianne, Niobec et celui du lac Bloom. Le gouvernement doit se doter d'une solide politique manufacturière et mettre les gens au travail.»
L'État proclame l'importance des PME, mais il les taxent plus lourdement que dans la majorité des autres provinces du pays tout en les obligeant à multiplier les cotisations, dont évidemment au Régime de rentes, à l'assurance-emploi et à la CSST.
Conséquence sans doute des révélations faites à la commission Charbonneau, Revenu Québec multiplient les demandes de renseignement. Une attitude tout à fait contraire au message que transmettent les chefs durant la présente course au pouvoir.