Marlène Beaudoin, Rita Marchand, Louise Veillette et Odette Lavoie (gauche à droite) connaissent l'emplacement de chaque costume dans le sous-sol du théâtre.

Les couturières derrière La Fabuleuse

Tissus, boutons, plumes et bobines de fil, on trouve de tout dans l'atelier des quatre couturières de La Fabuleuse histoire d'un Royaume, au Théâtre du Palais municipal à La Baie.
L'ensemble de l'atelier est sous la houlette d'Odette Lavoie, qui oeuvre au sein de La Fabuleuse depuis maintenant 29 ans. « J'ai manqué la première année parce que j'étais enceinte, mais dès que j'ai pu, je suis venue travailler », plaisante la couturière, qui s'occupe des costumes de A à Z. C'est elle qui imagine les costumes, en collaboration avec le metteur en scène Louis Wauthier, elle choisit les tissus, crée les patrons, confectionne les costumes sur mesure pour les comédiens bénévoles et elle apporte même sa touche personnelle aux chapeaux.
Dès février
Les petites mains sont à l'oeuvre dès le mois de février. Elles doivent laver l'entièreté des costumes et faire l'inventaire afin de vérifier si des modifications doivent être apportées ou si certaines tenues nécessitent des retouches. « Chaque costume est fait spécialement pour le comédien, ça arrive qu'on fasse le même costume en plusieurs tailles. Un enfant, ça grandit vite entre février, lors des essayages, et l'été pour les représentations », avoue Odette Lavoie, en même temps qu'elle raccommode un morceau de costume.
Rita Marchand crée les costumes du spectacle depuis 27 ans, en plus d'être comédienne. Elle a commencé l'aventure de La Fabuleuse en étant sur la scène. « Je trouve que c'est mieux dans ce sens-là, parce que je peux savoir ce qui est le plus pratique pour les costumes puisque je l'ai déjà vécu sur la scène. Alors je peux m'adapter ensuite », constate Mme Marchand qui n'a cependant jamais confectionné ses propres costumes. Louise Veillette, également couturière abonde dans le même sens, elle qui a vécu l'aventure en étant d'abord derrière une machine à coudre avant d'être sous les projecteurs. « C'est vrai qu'on se rend plus compte de toute la logistique et de l'aspect pratique si on a déjà fait des spectacles avant de faire les costumes », relate cette dernière.
Rita Marchand est couturière depuis 29 ans pour La Fabuleuse histoire d'un Royaume, c'est également elle qui dirige l'atelier.
Sur scène et en coulisses
Lors de chaque représentation, des couturières sont présentes sur scène ou dans les coulisses pour parer à toute éventualité. Si un tissu se déchire, ou qu'une fermeture éclair se découd, il faut être capable d'intervenir rapidement pour que le public ne voit rien. Les répétitions générales leur permettent de remarquer les petits défauts avant les représentations officielles.
La chapelière Marlène Beaudoin met un point d'honneur à confectionner des chapeaux tous différents les uns des autres. « Avec les années, je gagne en rapidité et j'ai toujours de nouvelles idées qui permettent de faire de nouveaux chapeaux. Plus on en fait, plus on a envie d'en faire », constate celle qui est aussi habilleuse lors des représentations. Cette année, avec le retour de la scène de l'hôtel Roberval, la chapelière a dû confectionner ou rafraîchir près de 110 couvre-chefs.
Meilleure qualité
Au cours des années, les petites mains derrière les costumes ont remarqué plusieurs changements, notamment dans la qualité des costumes. « Dans la confection, il y a eu beaucoup d'améliorations. Les matières sont de meilleure qualité, on passe plus de temps sur chaque costume et c'est bénéfique », explique Rita Marchand, qui précise que dans les premières années, les costumes ne duraient qu'un an. L'ensemble des costumes et des accessoires sont rangés au sous-sol du Théâtre, sous des housses de protection. Aucun costume n'est jeté ou revendu, tout est conservé et chaque costume est fait entièrement dans l'atelier de La Fabuleuse histoire d'un Royaume. « On a une grande fierté de voir ça, c'est très beau. Quand on fait un costume, on le visualise avant et on l'imagine tout de suite, mais quand on voit le résultat c'est toujours impressionnant », conclut Rita Marchand.