Carole Gauthier, Claude Robinson et Jacques Gagnon

Lepage et Robinson sous les feux

Grande soirée de tapis rouge, hier, dans le cadre de la séance d'ouverture du festival Regard sur le court métrage à Saguenay.
Plusieurs vedettes du cinéma québécois étaient présentes. Des vedettes comme Claude Robinson, membre du jury, Robert Lepage, qui présente son film Thomas, le porte-parole du Festival Sébastien Huberdeau, les comédiens Rémi Pierre Paquin ou Jean-Pierre Bergeron ont attiré les « flash » des caméras et se sont prêtés au jeu de cette première. Le président du Conseil du trésor du Québec, Stéphane Bédard, et le ministre des Transports et ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, étaient sur place aussi un peu comme des vedettes de l'actualité pour serrer des mains et soutenir l'organisation du festival qui célèbre sa 18e année d'existence.
Des cinéastes de partout dans le monde étaient présents. S'ils sont moins connus du public, ils possèdent néanmoins une solide réputation dans leur domaine. De nombreuses personnalités du cinéma et de la télé étaient sur place. Le réalisateur Sébastien Pilote (Le démantèlement), un des fondateurs de l'événement, se disait très fier de ce qui ce qu'il voyait au festival. « Il y a des gens de partout au monde ici, ce soir, qui font partie du monde du cinéma des États-Unis, de la France, de la Suisse, du Portugal, du Mexique, du Japon et d'Allemagne, c'est incroyable de voir tout ce que génère cet événement en terme de réseau de contact et d'échange », met en relief le créateur.
« Il faut que les gens deviennent des festivaliers maintenant. Il ne faut pas se contenter de venir assister à une présentation, il faut s'impliquer et participer aux activités chaque jour du festival », conseille Sébastien Pilote.
Tous les médias de la région étaient présents sur place pour multiplier les entrevues et faire défiler les invités, les interviewer et les photographier. Les gens s'agglutinaient autour de Robert Lepage et de Claude Robinson.
Le «selfie» de Lepage
Le scénographe auteur et comédien Robert Lepage apprécie davantage des rencontres comme la soirée d'ouverture du festival Regard sur le court métrage à Saguenay, hier, à la salle François-Brassard de Jonquière, que les tapis rouges de Cannes ou de différents événements cinématographiques dans les grandes villes.
« Ici, on rencontre des créateurs, des artistes, des gens d'idée qui prennent des risques et qui n'ont pas peur de se mettre en danger pour produire des oeuvres. J'adore ces soirées, je me sens en pleine confiance au travers de ces gens qui gardent le cinéma vivant en allant dans d'autres directions et en allant plus loin », a fait valoir le créateur de Québec, venu présenter son film court, Thomas, réalisé avec Pedro Pires, l'histoire d'un neurochirurgien troublé tourné à Londres.
Ça faisait au moins dix ans que Robert Lepage n'avait pas mis les pieds au Saguenay. « Avant, je venais plus régulièrement faire une tour pour présenter mes spectacles, mais les productions sont devenues plus grosses avec les années et plus compliquées à déplacer », dit-il avec une grande gentillesse.
Ce grand nom du milieu artistique a présenté son film devant plus de 700 personnes en indiquant que le court métrage n'est pas un art seulement pour les artistes émergents. Il y a aussi de vieux croûtons (en parlant de lui) qui réalisent des courts », a-t-il blagué, provoquant un rire dans la salle.
Quand le cinéaste Michel Lam de Sherbrooke a présenté son film à la foule, il a terminé en disant qu'il avait hâte de dire à sa mère qu'il s'est retrouvé sur la même scène que Robert Lepage. Ce dernier n'a pas hésité à prendre Michel Lam par le cou et de prendre le temps de faire un « selfie » devant la foule qui l'applaudissait.
Une première pour Robinson
Claude Robinson, concepteur graphiste connu pour sa longue saga juridique contre Cinar, était sur place à titre de membre du jury. Le créateur s'est montré discret sur les films qu'il a vus, sa fonction de juge oblige, il s'est contenté de mentionner qu'il avait vu de véritables bijoux.
Au sujet de la saga judiciaire qui l'oppose à Cinar, qui n'est pas tout à fait terminée, il a indiqué qu'il y aura sûrement quelque chose d'écrit quand tout sera complètement terminé. «Les gens ne savent pas tout ce qui s'est passé, les documents juridiques comptent tout de même 33 000 pages et j'ai travaillé à temps plein sur cette affaire durant toute ces années», a-t-il indiqué, ayant négligé toute création et refusant de dévoiler si cette histoire allait trouver sa place au cinéma.
Nous avons également appris que Claude Robinson en était à sa première à vie au Saguenay. «C'est un endroit merveilleux ici, les gens sont extraordinaires, c'est soigné comme place. L'équipe du festival est hyper professionnelle. J'ai vu des gens de talent lors de la soirée régionale, hier (mercredi), avec des films de grande qualité. J'ai trouvé que la salle (Théâtre Banque National) était vraiment belle et que le son était excellent», a confié le symbole de la lutte judiciaire pour les droits d'auteur. «Ce n'est pas parce que je n'étais jamais venu avant que je ne reviendrai pas », a-t-il tenu à préciser après le court entretien du Quotidien.
Bergeron à Arvida
Le comédien auteur originaire de Jonquière, Jean-Pierre Bergeron, était à Jonquière, hier, pour annoncer une belle nouvelle (confirmé mercredi) concernant son film Hitchiking in The Dark qu'il veut tourner en partie à Arvida. « Nous avons trouvé un distributeur, Film Option International, pour s'occuper du film. C'est une excellente nouvelle pour la recherche de financement, ça augmente nos chances de trouver des partenaires », a fait savoir celui qu'on voit dans la 5e saison de la série Trauma à Radio-Canada.
Le créateur a aussi obtenu la garantie du soutien du Bureau du cinéma de Saguenay qui lui offrira un support pour le tournage dans le quartier Saint-Jacques. « J'ai appris dernièrement que ce quartier pourrait être reconnu comme patrimoine architectural de l'UNESCO et je me disais que de tourner des images dans cet endroit de rêve pourrait être une occasion de lui donner un peu de visibilité », laisse entendre celui qui espère débuter le tournage à l'automne 2014.
« La moitié du film sera tourné ici à Jonquière et j'ai des plans de prévus dans le secteur du pont d'aluminium, un des plus beaux endroits au monde », dit-il sans réserve.