L'artiste verrier Harold Bouchard est heureux de procéder à la restauration du vitrail qui se trouvait dans l'ancienne église Saint-Georges de Jonquière

Le vitrail de l'église Saint-Georges revivra à l'Ermitage

Le vitrail de l'église Saint-Georges connaîtra une nouvelle vie. Après plus de 50 années passées à Jonquière, où les fidèles pouvaient le voir se déployer derrière l'autel, l'ouvrage d'une hauteur de 12 pieds sera déplacé à l'Ermitage de Lac-Bouchette.
Après avoir été extrait du mur où il était encastré, une opération délicate qui a été réalisée récemment, le précieux objet prendra la route du Lac-Saint-Jean aujourd'hui. Il sera entreposé au monastère pendant que l'artiste verrier Harold Bouchard, de Lac-Kénogami, amorcera le processus de restauration en réparant des sections qui furent la cible de vandales.
«J'ai trouvé une roche qui a été lancée dessus, a-t-il raconté au cours d'une entrevue accordée au Quotidien. Le vitrail représente des anges agenouillés de chaque côté du Christ et deux morceaux ont été brisés. Il y a une partie représentant un sein et une épaule, tandis que l'autre correspond à une pièce de vêtement.»
Pour travailler à son aise, Harold Bouchard a retiré les deux sections du vitrail abritant les morceaux abîmés. Après avoir identifié les pièces de verre qui se marieront le mieux à l'ensemble, il aura recours à une technique ancienne, celle de la peinture à la grisaille, afin de redonner à l'oeuvre son «look» d'origine.
«C'est l'une des deux techniques qui ont servi à fabriquer ce vitrail. L'auteur, que je cherche encore à identifier, a aussi utilisé des dalles de verre serties dans le plomb. Elles sont présentes dans les sections aux couleurs vives, là où il y a des rouges et des orangés», rapporte l'artiste verrier.
L'éclat d'origine
Une fois la restauration des sections endommagées complétée, Harold Bouchard se rendra à Lac-Bouchette pour les fixer au vitrail. Des interventions supplémentaires permettront de le nettoyer dans les règles de l'art, prélude à son installation définitive.
«À la fin du processus, le vitrail de l'église Saint-Georges retrouvera son éclat d'origine parce que le verre conserve ses qualités pendant des siècles, énonce-t-il. Tout ce qu'on a besoin de remplacer à l'occasion, c'est le plomb qui le tient en place.»
L'artiste verrier estime que les qualités artistiques de cette oeuvre, jumelées à l'attachement qu'elle a suscité, justifient les efforts qui seront déployés. «On remarque que le ton est moderne, mais pas de la même manière que dans les années 1960», fait-il observer.
La destination finale du vitrail reste à déterminer. L'hypothèse a plus probable a le mérite d'être originale, puisqu'on envisage de l'installer à l'extérieur, à proximité du lac Bouchette. Niché dans une base de béton, il serait protégé par un petit toit. «Ce serait un genre de chapelle dans la nature», résume Harold Bouchard.