Jacquelin Delisle

Le talent déborde de la maison

Jacquelin Delisle est un sculpteur et ébéniste qui a transformé sa maison en véritable musée. Ses sculptures et meubles de bois montrent le talent de cet artisan singulier.
«Je commence à manquer de place, je ne sais pas où je vais mettre la prochaine sculpture. Je vais sûrement avoir une idée pour l'intégrer dans une pièce», lance l'homme de 51 ans.
En effet, la maison déborde de ses sculptures et meubles uniques. Difficile de décrire les oeuvres de cet autodidacte. Certaines pièces sont des meubles ayant une utilité tandis que d'autres sont purement décoratives, comme un immense château imbriqué dans un décor inspiré de l'Ouest canadien.
Dès qu'on entre dans cette maison-musée, notre regard est attiré par un escalier impressionnant. Très vite, on perçoit le souci du détail dans les oeuvres de M. Delisle. La rampe représente un serpent. Un aigle installé sur une patte de cheval sert de poteau. Au bas, une fresque avec une chute et un soleil illumine l'ensemble. Plus loin dans la cuisine et dans le salon se dressent les meubles très imposants.
Il faut voir l'oeuvre qui sert de meuble pour la télévision et le système de son, il s'agit d'un saloon digne des westerns américains. Les devantures se hissent afin d'atteindre les appareils audio et vidéo. Ingénieux ! On contemple ce village western pendant plusieurs minutes, tellement les détails sont nombreux.
Jacquelin Delisle utilise principalement du bouleau et quelques fois de l'épinette pour confectionner ses pièces. «Le bouleau n'est pas très cher et se travaille bien», mentionne-t-il. Par contre, il adore travailler avec de la vieille planche de grange à l'abandon. «C'est l'fun de récupérer ces planches. Je leur donne une seconde vie. J'ai des meubles qui ont des pièces vieilles de 75 ans», relate ce menuisier oeuvrant pour une entreprise de construction.
En plus d'êtres imposants, les meubles et les fresques sont bourrés de détails qui illustrent la minutie et le talent de Delisle. Sur un buffet au salon, on retrouve plusieurs têtes de bisons sculptées ainsi que des chevaux. Une des plus belles pièces de l'artisan.
«Quand j'étais jeune, j'ai toujours aimé le dessin, mais je n'ai jamais pris de cours. Puis je me suis lancé dans le travail de menuisier pour des entreprises de construction. J'ai commencé à faire ce genre d'oeuvre et à les peindre il y a dix ans», relate-t-il.
L'artiste est complètement absorbé par ses oeuvres lorsqu'elles sont commencées. «L'hiver, comme je travaille moins, je peux me lever la nuit parce que je rêve à la pièce et je ne veux surtout pas perdre mon idée», raconte-t-il.
Il ne compte plus les heures que nécessite la concrétisation des meubles. «Ça joue entre 200 et 300 heures par meuble. C'est impossible à vendre, car il est difficile de mettre un prix là-dessus», signale-t-il.
Jusqu'à maintenant, il a fait quelques cadres pour des clients. Ces personnes doivent lui donner carte blanche, car il ne sait pas avant de commencer à quoi va ressembler le produit fini.
Sa dernière oeuvre se retrouve dans la salle de bain. Il s'agit de trois ours polaires qui se prélassent sur une banquise. La fresque a été sculptée dans du bouleau.
L'extérieur de la maison de Jacquelin Deslisle donne un avant-goût de ce que l'on retrouvera à l'intérieur. Des volets stylisés avec des dessins de chevaux ornent les fenêtres. La galerie aussi arbore la signature de l'artisan.
Pour s'inspirer, Jacquelin fait des voyages dans l'ouest canadien et états-unien. Il voue une passion pour les chevaux, il en possède trois. « J'adore les paysages montagneux, ça me fait rêver. Dans l'Ouest, il y a des paysages magnifiques qui m'inspirent. Je veux aller au Wyoming cet été avec ma blonde », souligne-t-il.
Ce qui risque de lui donner des idées pour son oeuvre hivernale 2012.