Relon Richard Garneau, il y a une baisse de la demande dans le marché du papier spécialisé. Mais cette baisse n'explique pas tout et la production de 360 000 tonnes de papier surcalandré par l'usine de la Nouvelle-Écosse a un impact significatif pour l'industrie nord-américaine.

Le redémarrage de Port Hawkesbury fait mal à Résolu

« Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse voulait créer un champion des papiers spécialisés. Nous en vivons aujourd'hui les conséquences. Ça prend toujours un certain temps avant de se manifester et nous le voyons aujourd'hui. »
Le grand patron de Résolu, Richard Garneau, ne peut faire autrement que de cibler le redémarrage de l'usine de spécialités de Port Hawkesbury pour expliquer en partie la baisse appréciable des ventes dans ce segment de marché. Il y allait de ces commentaires après la publication des résultats trimestriels de la papetière dans lesquels on signale les difficultés de ce marché.
Certes, selon M. Garneau, il y a une baisse de la demande dans ce marché. Mais cette baisse n'explique pas tout et la production de 360 000 tonnes de papier surcalandré par l'usine de la Nouvelle-Écosse a un impact significatif pour l'industrie nord-américaine. Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, il faut le rappeler, a injecté 166 M $ en subvention pour cette relance.
« On se rappelle que l'ouverture de cette usine nous a obligés à fermer notre usine Laurentides à Shawinigan et celle de Madison dans le Maine. Il n'y a pas que le Québec qui a subi les contrecoups », précise le président de Résolu.
« Le secteur Papiers pour usages spéciaux a enregistré une perte d'exploitation de 7 M $ au deuxième trimestre, soit une baisse de 11 M $ par rapport au résultat d'exploitation du trimestre précédent. Le prix de vente moyen a diminué de 8 $ par tonne courte (2000 livres), la demande ayant fléchi de nouveau. Les volumes expédiés ont diminué de 4 % par rapport au premier trimestre pour s'établir à 349  000 tonnes courtes. La baisse des volumes et la hausse de la maintenance et de l'utilisation des produits chimiques ont donné lieu à une augmentation du coût livré du secteur, qui a atteint 26 $ par tonne courte. Le BAIIA sectoriel a atteint 4 M $ pour le trimestre, soit 11 $ par tonne courte, en baisse par rapport à 44 $ par tonne courte pour le trimestre précédent », précise le communiqué officiel émis par la direction de Résolu.
Malgré ces difficultés, Richard Garneau reste confiant pour les usines de Kénogami et Dolbeau qui produisent des papiers dans cette gamme de produits. Dolbeau bénéficie d'un contrat avantageux de vente d'électricité à Hydro-Québec et Kénogami bénéficie de l'apport en électricité des centrales d'Hydro-Saguenay, la filiale Hydro électrique de Résolu dans la région.
L'entreprise doit toujours composer avec une surtaxe de l'ordre de 19 % du prix de ses livraisons de papier surcalandré aux États-Unis. Résolu a donc déposé auprès du gouvernement américain la somme de 50 M $. Elle ne pourra pas toucher à cet argent tant et aussi longtemps que le litige sur le papier surcalandré ne sera pas réglé avec le département du commerce. Les Américains ont imposé cette surtaxe à partir d'une plainte contre le papier produit en Nouvelle-Écosse pour dénoncer la subvention du gouvernement provincial à la nouvelle entreprise qui a relancé la machine à papier de Port Hawkesbury.
Le gouvernement fédéral n'a pas accepté d'accorder à la papetière de garantie de prêt pour soulager les liquidités de l'entreprise.
Bois d'oeuvre
Le secteur du bois d'oeuvre se porte quant à lui très bien. Les prix offerts aux États-Unis pour le bois de l'est du Canada couvrent amplement la surtaxe. Les prix sont basés selon Richard Garneau sur la surtaxe imposée aux grands producteurs de l'Ouest canadien. La surtaxe et les droits antidumping pour ces entreprises de sciage sont de l'ordre de 10 % plus élevés que ceux imposés de ce côté-ci du Canada par le département du commerce.
L'entreprise a enregistré une nouvelle baisse de la demande de papier journal. Elle a procédé à la fermeture pour un mois de son usine de Baie-Comeau. Jeudi, Richard Garneau a expliqué que cette usine devait améliorer ses coûts de production pour compenser un certain nombre d'éléments défavorables comme le coût du bois, les contraintes d'expédition et le terrain difficile pour la récolte forestière en plus des coûts de production à l'usine. La production de cette usine n'est pas négligeable et peut avoir un impact dans la région puisqu'elle permet de transformer la production de copeaux de trois scieries.