Les acteurs Marcel Sabourin et Gabriel Sabourin ont discouru pendant 90 minutes hier.(Photo Rocket Lavoie)

Le père et le fils livrés pour nous

Le père et le fils, tous deux sains d'esprit, on croisé le regard avec des participants à une classe de maître hier après-midi dans le cadre du festival Regard sur le court métrage à Saguenay qui se poursuit jusqu'à ce soir. Marcel, le père, et Gabriel, le fils, Sabourin ont parlé théâtre, cinéma, histoire, de ce qui change, de ce qui ne change pas. Ce fut un pur délice d'échanges en direct avec le public réuni à l'Hôtel Chicoutimi.
D'abord le père, «un homme qu'il faut interrompre sinon vous ne pourrez pas parler», blague le fils. Il aura 79 ans dans quelques jours et ses yeux brillent comme un jeune de 20 ans. Il s'emporte, gesticule, fait le clown, discourt, serre le poing, ferme les yeux, retient son souffle, se calme, vous regarde, prend une pause et vous parle doucement pour vous expliquer l'art de la création. «Plus une histoire se raccroche à la technologie, plus elle va sentir le poids du temps. Les textes de Molière peuvent être simplement lus par quelqu'un devant vous et ils vont réussir à vous accrocher même s'il n'y a pas d'acteur ou d'écran pour voir l'histoire. Ce n'est pas le cas de toutes les créations» laisse tomber tendrement Marcel Sabourin qui dissertait sur les nouvelles technologies.
Le fils, «un maudit beau gars», disait ma voisine de chaise dans la salle transformée en studio d'enregistrement de Télé-Québec pour l'occasion. Il n'a pas vu tous les films dans lesquels son père a tourné, mais s'est dit troublé récemment en regardant J.A. Martin photographe lorsqu'il a constaté que son père avait son âge à cette époque. «Avec Éléphant, je me promets de visionner plusieurs films de mon père, car les cassettes vidéo n'existaient pas à ses débuts», a-t-il confié au Progrès-Dimanche avant la classe de maître.
Le père traîne encore à sa suite l'image du professeur Mandibule, un des personnages dans La Ribouldingue, une émission pour enfants à la fin des années 60. «Ces émissions vous ont marqués, parce que vous étiez un enfant. Elles n'étaient pas plus drôles que celles d'aujourd'hui, mais quand on est un enfant ces images s'impriment dans la structure de notre pensée et en vieillissant on en garde un souvenir embelli», dit ce vétéran de la télé québécoise pour répondre à une question comparant la création de cette époque à celle d'aujourd'hui.
Pendant une heure et demie très enrichissante, le père et le fils ont témoigné de leur vécu, devant un public attentif composé d'une centaine de personnes de tous âges, un autre moment fort du festival Regard à l'extérieur des salles de projection. Il sera possible de voir intégralement cet enregistrement bientôt sur le canal Savoir.