L'homme aux semelles de vent, disait-on de Rimbaud. À défaut de signer des poèmes immortels, le chanteur et guitariste Kim Churchill.

Le musicien surfeur

L'homme aux semelles de vent, disait-on de Rimbaud. À défaut de signer des poèmes immortels, le chanteur et guitariste Kim Churchill pourrait revendiquer ce titre en raison de ses incessants déplacements. Un temps à Londres, puis ailleurs en Europe. Un bout de vie au Mexique, un autre aux États-Unis, ainsi que des sauts de puce au Québec: chez lui, c'est partout.
«J'ai quitté la maison à l'âge de 17 ans et je voyage encore beaucoup. J'en profite pour faire du surf et de la musique», a-t-il expliqué il y a quelques jours, lors d'une entrevue téléphonique accordée au journal. Le surf est l'une des grandes affaires de sa vie, en effet. C'est même l'un des aspects de Montréal qui le séduit, puisqu'on peut pratiquer le surf de rivière à deux pas du centre-ville.
Son dernier séjour dans la Métropole, à l'été 2013, lui avait permis de jumeler ses deux passions. N'ayant qu'un spectacle à l'agenda, Kim Churchill avait pris le temps d'écrire de nouvelles chansons entre deux sorties sur le fleuve. Il s'est ensuite dirigé vers l'île de Vancouver pour enregistrer son troisième album, Silence/Win, dans le studio du réalisateur Warne Livesey.
Beaucoup de plage, de surf et de notes: l'Australien a apprécié chaque minute de son passage sur la côte ouest, ce dont témoignent les pièces qui seront commercialisées à compter du 1er avril. «C'était tellement beau là-bas, tellement relax. C'est pour ça que le disque a quelque chose de naturel», confie le musicien.
C'est ce que laisse filtrer le premier extrait, le très pastoral Some Days The Rain May Fall, et ce que découvriront ceux qui se dirigeront au Théâtre Palace Arvida le 27 mars. L'Australien s'y produira en solo, à l'occasion d'un programme triple comprenant également Steve Hill et Matt Andersen. Chacun fera une trentaine de minutes et plusieurs extraits de Silence/Win figureront au menu.
«Je jouerai de la guitare, de l'harmonica, du tambourin et des percussions, en plus de chanter. Le fait d'être seul me donnera plus de liberté pour aller dans toutes sortes de directions. Ce sera moins rigide qu'au sein d'un groupe», avance l'artiste, qui propose un amalgame de folk, de blues et de pop saupoudré d'une pincée de psychédélisme, laquelle tient aux effets électroniques tirés de sa guitare.
Quelques incontournables compléteront le programme, dont Smile As He Goes Home, une chanson écrite lors du décès de son grand-père. «J'aime la jouer pour sentir sa présence», fait observer Kim Churchill. Comme quoi on peut chérir ses racines, tout en bouffant plus de kilomètres qu'un politicien en campagne.