Guillaume Thibert

Le fruit de deux ans de réflexion

« C'est le résultat de deux ans de réflexion, une grosse production qui, pour la première de notre histoire, comporte une scénographie élaborée », affirme Guillaume Thibert, le directeur du Centre d'expérimentation musicale.
La chose en question, intitulée La femme aimée, est présentée aujourd'hui et demain à 20 h 30, à la Salle Murdock du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi. On en parle comme d'« un théâtre musical antarctique », une formule originale qui nécessite un minimum d'explications.
L'Antarctique, c'est le continent sur lequel s'était aventuré l'explorateur australien Douglas Mawson avec deux compagnons, en 1912. Ceux-ci sont décédés en cours de route et l'essentiel des bagages a été perdu dans une crevasse, ce qui a obligé le survivant à marcher seul, le ventre vide ou presque, sur une distance de 100 milles afin de rallier le camp d'où le trio était parti.
Cet exploit était suffisant pour en faire un personnage de légende, mais de surcroît, le bateau qui aurait dû le ramener à la maison venait de partir. Mawson a donc subi une longue attente qui a inspiré l'auteur Blaise Cendrars. Il a produit un texte qui aurait pu constituer le fondement d'un opéra, un projet qui ne s'est jamais concrétisé.
C'est là qu'interviennent le Centre d'expérimentation musicale, ainsi que les partenaires que sont la Chaire de recherche du Canada en dramaturgie sonore au théâtre et la romancière Élisabeth Vonarburg. Ensemble, ils ont monté une production relatant l'aventure de l'explorateur, un spectacle d'une heure qui a été étrenné hier soir.
La femme aimée, qui est incarnée par Caroline Tremblay, occupe évidemment les pensées de l'explorateur, un rôle campé par Marc Fortin. Les comédiens jouent et chantent, tandis que Guillaume Thibert (outils électroniques), François Harvey (guitare), Sébastien Maltais (basse) et Jean-Pierre Bouchard (guitare) interprètent une douzaine de pièces, dont plusieurs composées par ce dernier.
« Élisabeth Vonarburg a imaginé l'opéra qu'aurait pu créer Blaise Cendrars. On voit Mawson pendant sa longue marche, puis sa solitude, alors qu'il se trouve loin de la femme qu'il aimait. Cette production nous permet d'investir de nouveaux territoires », décrit le patron du Centre d'expérimentation musicale.
Il croit tellement en La femme aimée que des projets de diffusion commencent à germer, parmi lesquels on remarque une sortie à Rimouski. « C'est une oeuvre à la fois contemporaine et accessible, un hybride entre le théâtre et le spectacle musical », fait valoir Guillaume Thibert.