Le drame de BIXI

Décidément, Montréal traverse sa période noire. Après s'être fait spolier des milliards de dollars par des voleurs à cravates et des souscripteurs des caisses électorales, notre métropole bousille le BIXI, un chef-d'oeuvre de la technologie convoité par les grandes villes de l'Occident.
Comme tout Bleuet indigné et blessé par l'incompétence hautaine de certains leaders de la plus grande agglomération urbaine du Québec, j'enrageais en apprenant, lundi dernier, que la Société de vélo en libre-service, la créature de la Ville de Montréal qui administre BIXI, réclamait la protection de la loi sur les faillites.
Une dizaine de PME innovatrices situées en régions, dont Cycles Devinci, risquent de perdre des sommes importantes après avoir réussi un véritable exploit en répondant aux exigences des promoteurs du projet. Toute une récompense! Et pourtant, le BIXI, qui est assemblé, comme tout le monde le sait, dans le parc industriel de Chicoutimi, est fort apprécié à Londres et dans 14 grandes villes nord-américaines.
L'accueil de New York
Il fut accueilli à Manhattan, le 12 juillet 2012, avec autant d'enthousiasme qu'à Montréal. Ses adeptes apprécient toujours ses lignes modernes, sa solidité et toutes les avancées technologiques qui lui permettent de se faufiler élégamment à travers la circulation atrocement dense des motorisés.
Rappelons que Devinci a remporté, en 2008, l'appel d'offres lancé par l'administration de l'ancien maire Gérald Tremblay. Le vélo libre-service le plus perfectionné de la planète a été imaginé par le Montréalais Michel Dallaire. Roi du design industriel, le concepteur est aussi bien fier d'avoir appliqué des innovations fort appréciées à des objets d'utilisation courante, comme l'Angelcare, un appareil qui prévient le syndrome de la mort subite en alertant les parents, à l'aide d'une sonnette, dès que l'enfant suspend sa respiration durant 20 secondes.
Gâchis financier
Cycles Devinci bénéficie de la participation d'une dizaine de sous-traitants majoritairement québécois dans la fabrication du BIXI. Pourquoi une aventure si bien engagée se solde-t-elle par un échec financier? Tout simplement parce que la Ville de Montréal a opté, au départ, pour un autofinancement utopique aggravé par d'horribles erreurs administratives commises par sa Société de vélo libre-service, dont la décision de produire elle-même un logiciel de gestion en remplacement du système appliqué au départ par 8D Technologies.
Le logiciel défectueux a provoqué des défaillances et retardé la livraison des vélos dans plusieurs villes. Mécontentes, New York et Chicago conditionnèrent l'acquittement de factures totalisant quelque six millions $ à la solution des problèmes reliés à l'informatique. Le nouveau maire Denis Coderre et son équipe devront " revenir à la case départ, préconise l'éditorialiste François Cardinal, de La Presse, avec une solution simple et sans risque cette fois, celle d'une intégration du BIXI au réseau de transport collectif ". C'est d'ailleurs la solution appliquée par la majorité des villes qui ont fait l'acquisition des vélos libre-service provenant de l'entreprise appartenant à Félix Gauthier.
Bécancour-Québec vs Saguenay
«Il ne manquait que le tarif L, rappelait Jean Tremblay, mercredi dernier, en commentant la confirmation faite à Davos par la première ministre Pauline Marois de l'établissement, au Québec, d'une usine de silicium métal par FerroAtlàntica. »
Mais le maire de Saguenay a-t-il éveillé des appétits, dont ceux de Bécancour, en dévoilant, l'an dernier, les démarches entreprises auprès de la société espagnole? Savait-il que le parc industriel de Bécancour est la propriété du gouvernement? J'ai appris en consultant internet que la Société du Parc industriel et portuaire de Bécancour est une société d'État " qui allie, lit-on sur le site web, l'approche entrepreneuriale essentielle à la conduite d'affaires fructueuses à la réputation irréprochable d'un représentant officiel du gouvernement du Québec ".
Les agents économiques de Saguenay seront-ils aussi convaincants que les représentants de l'État?