Le poste électrique Chamouchouane, situé près de La Doré.

Le dernier contrat régional accordé

Hydro-Québec a accordé le dernier contrat dans la région pour le projet de construction de ligne électrique à 735 kV Chamouchouane-Bout-de-l'Île.
Les entreprises J. Euclide Perron, de Chicoutimi, et Rodrigue Piquette, de Dolbeau-Mistassini, qui avaient formé un consortium, ont obtenu un contrat d'une valeur de 6,4 M $. « Le contrat qui a été accordé cette semaine est pour les travaux d'agrandissement du poste Chamouchouane pour accueillir la nouvelle ligne de transport. Le contrat consiste en des travaux civils pour accueillir les installations électriques. On parle de bassins, de bases de béton », a expliqué Marie-Claude Lachance, conseillère pour les relations avec le milieu pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le poste Chamouchouane est situé sur le chemin de la Branche ouest, à 10 kilomètres de La Doré.
Il n'y aura pas d'autre contrat accordé dans la région, mais de la sous-traitance est possible à l'intérieur du dernier accordé. « À la fin du mois de mai, il y aura un salon de la sous-traitance à La Doré. L'entreprise qui a le contrat accueille les entreprises du secteur qui peuvent présenter leur offre de services. C'est fait pour faciliter le réseautage entre les entreprises », a annoncé la porte-parole.
Le contrat de la construction de la ligne, dans la section 1 qui se trouve au Lac-Saint-Jean (80 km sur 100), a été obtenu par Hamel Construction de Québec. Il est de l'ordre de 40 à 60 M $, a chiffré Mme Lachance. « Les travaux de construction de la ligne ont débuté en août 2016 et s'échelonnent jusqu'en janvier 2018. Et dans ce contrat-là, on a inclus une clause de sous-traitance pour favoriser les entreprises régionales », a-t-elle poursuivi. Ainsi, 49 entreprises régionales ont hérité de contrats de la part d'Hamel Construction, dont Excavation Martin Boulanger, Électricité du Lac, Transporteur en vrac Comté Roberval, Ferlac Saint-Félicien, Forage Saguenay et Dynamitage du Lac.
Le projet
Le projet Chamouchouane-Bout-de-l'Île a été réalisé parce qu'à la hauteur des postes de la Chamouchouane et du Saguenay, quatre lignes de transport arrivent du nord (de la Baie-James d'un côté et de la Côte-Nord de l'autre) et seulement trois se dirigent vers le sud. Cela crée un effet d'entonnoir sur le réseau et limite la capacité de celui-ci à répondre à la demande de transport de puissance vers le sud, soit vers les centres de consommation, indique le site Internet d'Hydro-Québec. Le réseau doit être renforcé entre le poste de la Chamouchouane et la boucle métropolitaine pour contrer l'effet d'entonnoir à cet endroit et soulager l'ensemble du réseau. Le coût total était de l'ordre de 1,35 G $.
Philippe Gauthier, estimateur au dossier, Véronique Perron, présidente de J. Euclide Perron, et Georges Perron, chargé de projet et associé, ont présenté les plans et devis du contrat d'Hydro-Québec que J. Euclide Perron a obtenu avec l'entreprise Rodrigue Piquette.
Un bon signe pour l'été
La nouvelle présidente de J.E. Perron, Véronique Perron, croit que l'obtention du contrat d'Hydro-Québec laisse envisager un bel été pour sa compagnie de construction alors que les grands projets se font toujours rares au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
« C'est un bon contrat, ça commence bien l'année vu que c'est au mois de mai », a-t-elle mentionné lors d'un entretien téléphonique jeudi. Selon elle, le contrat va s'échelonner sur un an, mais comportera quelques périodes mortes.
L'entrepreneur général a soumissionné sur plusieurs contrats pour l'été 2017. « C'est très tranquille, mais le ministère des Transports a beaucoup de soumissions pour réparer des ponts, beaucoup sur la Côte-Nord. On a un volume de soumissions quand même appréciable. On est confiants », a-t-elle annoncé, en ajoutant qu'il n'est pas exceptionnel pour eux de travailler sur la Côte-Nord.
La présidente a expliqué que sa firme s'est associée à l'entreprise Rodrigue Piquette après avoir travaillé avec eux sur le chantier de La Romaine. « Ils font de l'électricité haute tension. Ça nous permet de mettre nos forces en commun », a-t-elle souligné.
La firme spécialisée, notamment en fondations et coffrage de béton, compte environ 25 employés permanents. Selon le volume de contrats, le chiffre peut atteindre 150.
Une rare femme
Véronique Perron est l'arrière-petite-fille de J. Euclide Perron, qui a fondé l'entreprise en 1949. Elle est une des rares femmes à occuper un tel poste dans ce domaine. « On n'est pas beaucoup. Il y a des releveuses. On en voit rarement, mais on en voit de plus en plus. Je trouve que dans les dernières années ça a évolué. Il y en avait surtout dans les donneurs d'ouvrage auparavant, Hydro-Québec et le ministère des Transports. Mais chez les entrepreneurs, on en voit de plus en plus », a-t-elle souligné.