Le directeur du Choeur Amadeus, Pierre Lamontagne, estime que cette formation peut relever de nombreux défis, ainsi que le démontrera le concert Amadeus chante Noël qui sera présenté les 15 et 18 décembre, à Jonquière et Roberval.

Le coup d'envoi du 75e anniversaire du Choeur Amadeus

Deux événements seront mis en relief le 15 décembre, à l'occasion du concert de Noël que le Choeur Amadeus présentera à l'auditorium de la Polyvalente Jonquière. Il s'agira de la première activité officielle dans cette salle fraîchement rénovée et elle donnera le coup d'envoi aux manifestations entourant le 75e anniversaire de la chorale.
En plus de mobiliser 70 chanteurs, le prochain concert du Choeur Amadeus sollicitera le concours de 13 musiciens, ce qui conférera plus de relief aux oeuvres interprétées.
«Il y a eu un grand ménage dans les derniers mois. On a refait le plafond, changé le rideau de scène et repeint les murs, en plus de remplacer tous les sièges. Puisque c'était déjà bien au plan technique, on se retrouve avec une très bonne salle multifonctionnelle», fait valoir le directeur du Choeur Amadeus, Pierre Lamontagne.
Il est bien placé pour jauger l'impact des travaux, puisque la chorale a chanté dans la même enceinte, il y a un an. Cette fois-ci, le concert s'inscrira dans le prolongement des cérémonies marquant l'inauguration de l'auditorium. Il est prévu pour 19h, mais en tenant compte du protocole, les premières notes devraient résonner aux alentours de 20h.
Elles marqueront le début d'une période spéciale pour la formation, alors qu'elle fêtera ses 75 ans à compter de janvier. Le programme intitulé Amadeus chante Noël, qui sera repris le 18 décembre à 14h30, en l'église Notre-Dame de Roberval, montrera pourquoi cette chorale formée de 70 chanteurs aborde son quatrième quart de siècle avec confiance.
La pièce de résistance sera le premier mouvement du Magnificat de l'Anglais John Rutter. Cette oeuvre colle étroitement au thème de la Nativité, puisqu'elle a été inspirée par l'annonce faite à Marie. Elle est éminemment accessible, affirme Pierre Lamontagne, tout en présentant son lot de défis pour les interprètes.
«On a travaillé fort pour la maîtriser. Comme il y a des motifs rythmiques assez complexes, il a fallu répéter, répéter et encore répéter pour les assimiler. L'avantage est que le choeur comprend un bon nombre de vétérans, des gens qui ont déjà abordé le Magnificat. Ils entraînent les nouveaux», raconte le directeur.
Un autre atout tiendra à la participation de 13 musiciens, parmi lesquels on remarque la violoniste Nathalie Camus et le violoncelliste David Ellis, du Quatuor Saguenay (ex-Alcan), ainsi que la flûtiste Louise Bouchard, directrice du Conservatoire de musique de Saguenay. Ils joueront en compagnie de jeunes interprètes comme le violoncelliste François Lamontagne, le fils du directeur et de Janick Tremblay, qui sera de retour au piano.
«François reprendra un numéro qui a été bien apprécié l'été dernier, au Rendez-vous musical de Laterrière. Il va interpréter un Prélude de Bach pendant que les choristes chanteront», indique Pierre Lamontagne. Il ajoute que d'autres compositions classiques ont été intégrées au programme, dont l'Ave Maria de Gounod. Elles côtoieront des airs de Noël aussi familiers que Joy To The World, Nouvelle agréable et Adeste Fideles.
Des projets pour la chorale
Les 75 ans du Choeur Amadeus seront soulignés en plusieurs occasions, à compter de janvier. Conscients de l'importance de cet anniversaire, une étape que peu de chorales ont la chance de franchir, ses dirigeants préparent une programmation qui se veut ambitieuse. Tout n'est pas ficelé, mais déjà, on peut deviner que ces célébrations seront à la hauteur de l'enjeu.
Un comité formé il y a quelques mois examine les propositions soumises par les membres et parmi celles qui ont abouti sur sa planche à dessin, on remarque la tenue d'une messe en l'église Saint-Mathias d'Arvida. «Il s'agira d'un clin d'oeil aux origines de cette formation. Elle a d'abord constitué un choeur liturgique», fait observer le directeur Pierre Lamontagne.
Il est aussi question d'un concert organisé au printemps, dans un lieu qui reste à déterminer. Il aurait pour fin de montrer les multiples visages sous lesquels le Choeur Amadeus s'est présenté au fil de son histoire. Le répertoire religieux cohabiterait avec le répertoire profane, ce qui permettrait d'entendre des oeuvres parfois étonnantes.
L'une de ces compositions a été retrouvée récemment par l'historienne Annie Fortin. Elle prend la forme d'une oeuvre chorale avec orgue et a été écrite dans le but de célébrer le 50e anniversaire de la fondation d'Arvida (1926). «Cet hymne possède un caractère solennel. Il pourrait donner lieu à un enregistrement», laisse entendre Pierre Lamontagne.
Les membres du Choeur Amadeus souhaitent également renouer avec la tradition du voyage musical. Ils ont le goût d'effectuer une sortie de ce genre au Québec, une habitude qui avait été instaurée par l'ancien directeur de la formation, le regretté Roch Laroche. En même temps, plusieurs ont exprimé le voeu de tenir une réunion à laquelle les anciens seraient invités.
«J'étais présent lors d'une rencontre de cette nature, à l'occasion du 60e anniversaire du Choeur Amadeus. J'en garde un beau souvenir», rapporte Pierre Lamontagne. Le contexte est favorable, puisque la formation vient de connaître une phase d'expansion qui a porté le nombre de membres à 70. Elle compte un nombre équivalent d'hommes et de femmes, des gens qui proviennent de Jonquière, mais aussi de Chicoutimi, La Baie et Laterrière, ainsi que du Lac-Saint-Jean.
«Je dirais qu'à cette étape de son cheminement, le choeur est en très bon état. Depuis deux ans, on connaît même un petit crescendo au plan artistique», se réjouit le directeur, qui en veut pour preuves les invitations lancées par la Polyvalente Jonquière, ainsi que Les Amis de la musique de Roberval. C'est à leur initiative que sera présenté le concert Amadeus chante Nöel, les 15 et 18 décembre.
Étiennette Dufour, membre depuis 1955
Étiennette Dufour affirme que chanter guérit bien des maux, ce qui représente l'une des nombreuses raisons pour lesquelles la doyenne du Choeur Amadeus fait partie de cette formation depuis 1955.
Étiennette Dufour est la doyenne du Choeur Amadeus. Elle en est membre depuis 1955, ce qui nous ramène à l'époque où il portait le nom de la Chorale Saint-Jacques. La jeune octogénaire avait joint les rangs d'une autre formation, la Chorale des Enfants de Marie, et c'est à la faveur de projets communs, notamment à Noël et à Pâques, qu'elle est devenue partie prenante d'un groupe intimement lié à son parcours de vie.
«J'avais 17 ans à mes débuts et je me souviens que nous interprétions des pièces religieuses, la plupart du temps. Certaines étaient en français, mais il y en avait aussi en latin», raconte la soprano. Elle qui a toujours aimé chanter constitue la preuve vivante des bienfaits de cette activité. À ses yeux, les répétitions tenues chaque semaine, de même que les concerts, représentent l'équivalent d'une fontaine de Jouvence.
«Chanter, c'est bon pour le coeur et les poumons. Pour tout, en fait, énonce Étiennette Dufour. Quand mon mari est décédé, par exemple, ça m'a aidée de faire partie de la chorale. Il s'agit d'une grande famille. Je me suis sentie appuyée.» Précisons que son conjoint était l'ancien directeur du Choeur Amadeus, Roch Laroche. Dynamique, ambitieux, il a amené ses camarades à réaliser des projets toujours plus grands, plus stimulants.
«On a chanté avec Céline Dion à Jonquière. On a fait Le Messie. On a donné des concerts avec Jean-François Lapointe, Hugues Saint-Gelais, Renée Lapointe et Marie-Nicole Lemieux, au moment où ils amorçaient leur carrière. Tous ces artistes étaient déjà très bons et on leur donnait une occasion de se faire connaître», mentionne l'Arvidienne.
Rencontre
Remontant plus loin dans le temps, elle raconte que sa route a croisé celle de Roch Laroche alors que celui-ci était toujours aux études. «Il faisait partie de la Chorale Saint-Jacques et je l'ai connu dans ce contexte. Moi et d'autres filles, on allait aux Vêpres pour voir chanter les petits gars», mentionne Étiennette Dufour d'un ton enjoué.
Bien sûr, elle a aimé chanter sous la direction de son mari, même s'il lui arrivait de se faire du mauvais sang pour lui, surtout lorsqu'il était engagé dans un projet d'envergure. «J'ai toujours été mère poule. Roch me disait de ne pas m'en faire, mais je voulais tellement que ça aille bien pour lui», explique son épouse.
On la sent nostalgique, ce qui ne l'empêche pas de voir d'un oeil positif les changements apportés par le successeur de Roch Laroche, Pierre Lamontagne. «Roch était tellement content que ça puisse continuer avec Pierre. Sous sa direction, on a vu les effectifs rajeunir. On aborde un répertoire différent et on travaille avec un plus grand nombre de musiciens», résume la soprano.