De précieuses heures ensoleillées de mon été se sont évaporées parce que j'ai voulu recycler mon ancien cellulaire, un iPhone 4.

L'aventure du cellulaire maudit

De précieuses heures ensoleillées de mon été se sont évaporées parce que j'ai voulu recycler mon ancien cellulaire, un iPhone 4. Pour un mystérieux motif technique, hautement suspect, mon nouveau fournisseur ne pouvait pas l'activer sur son réseau, à cause de sa mémoire de 32 G au lieu de 16 G. Comment le volume de mémoire peut-il affecter la connexion? J'ai l'impression de me faire avoir, mais j'ai déjà négocié les quatre appareils de ma famille, créé les numéros, me reste juste le mien à activer. Je ne veux pas recommencer ce long processus ailleurs!
Je me retrouve donc avec cet appareil excédentaire, mon vieux Fidèle. Le préposé qui vient de me refiler un 5C, me conseille de le revendre et le faire « débarrer ».
Débarrer? Eh oui! Même si mon appareil est entièrement payé, ayant consommé jusqu'à la dernière minute et plus mon contrat de 3 ans, il reste « barré » par mon fournisseur qui exige 50 $ pour me rendre mon bien. Je suis « chanceuse » : la loi plafonne maintenant les frais de déverrouillage. Il y a quelques mois, c'était 120 $!
Bizarre!
Je ne comprends ni le concept, ni le montant. Le verrouillage reste légitime tant que le contrat n'est pas terminé ou racheté. Mais ce bien m'appartient, je l'ai payé intérêt et capital, foi d'animal! De quel droit celui qui me l'a vendu le tient-il en otage?
Et comment justifier ce 50 $ unanime chez tous les gros fournisseurs? Un technicien doit-il délicatement extirper un mini-cadenas des circuits électroniques avec une pince à épiler? Non! Il suffit - en théorie - d'un appel, de traverser une série d'options dont aucune ne correspond à mon cas, d'une attente de 20 minutes (préposés occupés, blabla...), de donner mon numéro de carte de crédit, d'attendre que le paiement passe, puis le préposé donne l'ordre de déverrouillage... En moins de 15 secondes, la manoeuvre technique s'accomplit. Ces 15 secondes - qui me coutent 30 minutes de patience - valent 50 $?
Avant de me résigner à verser cette rançon, je balade mon vieux Fidèle dans mon sac durant quelques semaines. En visite à Saint-Félicien chez une amie, je lui propose mon appareil gratos, que je réinitialise sur-le-champ. Elle n'aura qu'à appeler pour le faire débarrer!
Pas si simple!
Elle trouve un forfait ailleurs, puis contacte mon fournisseur pour déverrouiller le cellulaire, passe le barrage des options et de l'attente. Il faut le numéro de série de l'appareil. Quoi? Il n'a pas dans le dossier le numéro de série de l'appareil qu'il tient en otage? Elle démonte le boitier, déchiffre le numéro. Niet! Il faut que ce soit moi, et moi seule, qui donne l'ordre. Je ne suis plus sa cliente, l'appareil ne lui appartient pas. De quoi se mêle-t-il, ce fournisseur, qui prolonge le kidnapping de mon vieux Fidèle sous des prétextes paternalistes?
Je l'appelle, je paie. Mon amie retourne chez son fournisseur. L'appareil débarré refuse de se connecter. Nouvel appel. Nouvelle demi-heure perdue. « Oups! Le déverrouillage n'a pas marché. Avez-vous suivi la procédure? »
Quelle procédure?
Il faut brancher l'appareil sur votre iTunes... Re-oups! On a oublié de vous l'envoyer! » Mais on n'a pas oublié de débiter ma carte de crédit! L'appareil est à Saint-Félicien, moi à Chicoutimi. On se rencontre. On suit les instructions. Pas de connexion.
En désespoir de cause, on passe à la boutique de mon ancien fournisseur, où j'ai toujours eu affaire à des préposés délurés. Celui-là, stoïque, prendra une heure à discuter en ligne, à pitonner. Le « nuage » bloquait tout... Bingo! Mon vieux Fidèle se connecte!
En matière de cellulaire, la compétence est rare, la mauvaise foi des fournisseurs palpable, et les lois d'une mollesse et d'un illogisme exaspérants. La technologie, ésotérique et mystérieuse, permettrait de radiographier les étoiles, mais pas de respecter le temps précieux du client? Quelle que soit la compagnie, j'ai toujours le vague sentiment de me faire... choisissez le verbe vous-mêmes! Il fait trop beau pour des gros mots!