«Il va naître? Il est venu! Alors pourquoi, chaque année, attendre un événement passé depuis longtemps?»

L'Avent remet le coeur à l'Espérance

CHRONIQUE ÉGLISE / Nous voici en cette période de l'année qu'on appelle le temps de l'Avent, du latin « adventus », qui signifie venue, avènement. Une période durant laquelle on se prépare à célébrer simultanément la naissance de Jésus à Bethléem, il y a deux mille ans, sa venue dans les coeurs des personnes de tout temps et son avènement dans la gloire, à la fin des temps : «Il est venu, Il vient, Il reviendra !».
Il va naître? Il est venu! Alors pourquoi, chaque année, attendre un événement passé depuis longtemps? Est-ce le simple désir de se rappeler une histoire merveilleuse, émouvante, venant bercer notre réalité journalière? Ainsi, dans d'anciens cultes païens, on célébrait annuellement le retour de la lumière, lors du solstice d'hiver. Mais, par là, on reconnaissait aussi que l'humanité était enfermée dans le cercle d'un éternel recommencement, sans qu'elle puisse penser jamais échapper définitivement à la nuit.
La fête que nous préparons a cependant un tout autre sens. Jésus fut un homme bien réel. Sa naissance en ce monde est un événement unique, apportant une réponse à l'attente du peuple d'Israël et par là à celle de l'humanité. La lumière rayonnant de cet événement est telle que nous n'en aurons jamais fini de la découvrir et de la célébrer.
Pédagogie
Patiemment, inlassablement, la liturgie de l'Église recommence donc chaque nouvelle année son travail de pédagogue. Avec le déclin puis la renaissance de la lumière, elle remet le coeur à l'espérance. Pendant les quatre semaines de l'Avent, elle nous tient tendus vers cette proclamation que nous lancerons à Noël : « Aujourd'hui la lumière a brillé sur la terre. Un Sauveur nous est né! »
Quatre semaines, ce n'est sûrement pas trop de temps pour nous apprendre quelques facettes de l'espérance chrétienne avec ces grandes figures de l'attente de la venue du Christ : le prophète Isaïe, Jean Baptiste et Marie. Pas trop de temps pour saisir l'action de notre Dieu, respectueuse, amicale, imperceptible même, dans notre monde où se côtoient le meilleur et le pire.
Les médias font entrer dans nos vies ces êtres de partout, qui souffrent, qui cherchent, qui s'enferment, qui meurent. Désarroi, peurs et ténèbres caractérisent souvent notre monde et le plongent dans la nuit. Où est Dieu dans ces traversées de tunnel obscures?
Dans la nuit du monde, au coeur de nos jours trop courts, Dieu est là. Discret, il offre, il donne; il est présent à nos côtés par une foule de témoins; il est présent à l'intérieur de nous-mêmes. Il se manifeste telle une lumière pour éclairer notre parcours de ce temps afin de faire reculer les frontières de la nuit en nous et autour de nous, rendant actuelle la Parole de Paul : « La nuit est avancée, le jour est tout proche. Rejetons donc les oeuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière » (Rm 13,12).
Jacques Bouchard