La dernière visite dans la région de la première ministre remonte au 16 janvier dernier, lors de l'inauguration de l'usine AP-60 de Rio Tinto Alcan.

La région acquise au PQ

La première ministre du Québec, Pauline Marois, ne viendra pas dans la région d'ici la fin de la campagne électorale. Le candidat péquiste et député sortant dans Dubuc, Jean-Marie Claveau, l'a confirmé au Quotidien, hier matin.
Questionné à savoir si la première ministre se concentrait plutôt sur les circonscriptions « plus à risques », Jean-Marie Claveau s'est contenté de sourire.
Pour le professeur en politique à l'Université du Québec à Chicoutimi, Gilbert Larochelle, l'analyse est claire: « La raison pour laquelle la première ministre ne vient pas n'est pas difficile à décoder. La région est acquise pour les péquistes », a indiqué M. Larochelle, lorsque joint hier par Le Quotidien.
Selon lui, le fait que Pauline Marois ne vienne pas au Saguenay-Lac-Saint-Jean n'est pas une surprise. « Elle ne viendra pas perdre son temps à défoncer des portes déjà ouvertes. On ne verra pas non plus le chef libéral Philippe Couillard dans Outremont. Les chefs vont où la lutte se joue. Mme Marois se concentre sur les circonscriptions où le PQ a gagné ou a perdu par une centaine de voix aux dernières élections », a expliqué le professeur du département de science politique.
Gilbert Larochelle ajoute que la seule circonscription qui pourrait bénéficier de la visite de Pauline Marois est celle de Roberval. « Toutefois, il y a un code de conduite en politique qui pousse un chef à ne pas visiter la circonscription d'un autre chef, comme c'est le cas dans Roberval. Je ne crois pas que M. Couillard visite Charlevoix non plus », a indiqué M. Larochelle.
Par ailleurs, le professeur estime que le seul chef qui a parcouru le Québec est celui du Parti libéral. « Je n'ai pas vu Mme Marois aux Îles-de-la-Madeleine, par exemple. Elle se concentre vraiment autour de Montréal et Québec », affirme M. Larochelle.
Ce dernier croit-il que l'absence de Pauline Marois aura un impact sur l'élection? « Non, je ne crois pas », a-t-il répondu.
Jusqu'à maintenant, seuls le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard et le co-chef de Québec solidaire, Amir Khadir, sont venus faire leur tour. En tant que candidat dans Roberval, Philippe Couillard a visité la région plus d'une fois, mais ne s'est toujours pas arrêté au Saguenay.
Quant au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, il a annulé sa visite vendredi dernier, en raison du mauvais temps. On ignore s'il compte venir avant le scrutin du 7 avril.
Lors des élections provinciales de 2012, tous les chefs de partis, y compris celui d'Option nationale de l'époque, Jean-Martin Aussant, étaient venus au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Jean Charest avait d'ailleurs fait une visite éclair en toute fin de campagne, quelques jours avant le scrutin.
Il est rare qu'un chef du Parti québécois ne vienne pas encourager ses troupes du Saguenay-Lac-Saint-Jean. André Boisclair et Bernard Landry, notamment, étaient venus dans la région en campagne électorale.