55 millions de litres d'eaux usées non traitées doivent être déversés dans la rivière Saguenay.

La Fondation Rivière outrée du «flushgate» saguenéen

La Fondation Rivières déplore que le recours au déversement de 55 millions de litres d'eaux usées dans la rivière Saguenay aurait dû être la dernière option envisagée. L'organisme a fait parvenir une lettre au ministre de l'Environnement, David Heurtel, pour dénoncer la situation.
L'organisation estime que la municipalité, les consultants et les entrepreneurs auraient dû démontrer qu'il était impossible de procéder à ces travaux sans avoir recours à un déversement, avant d'obtenir l'approbation du ministère.
« Selon nous, un pompage temporaire dans la conduite de refoulement existante à partir de la tuyauterie à l'intérieur du poste aurait été une option aux conséquences quasi inexistantes sur l'environnement », plaide l'organisme, dans la lettre datée du 13 avril, dont une copie a été transmise au Quotidien. Le document est signé par Catherine Huard, directrice générale de l'organisation, et Clément Mortier, chargé de projets.
La Fondation Rivières croit de plus que le moment de l'opération a été mal choisi. « En effet, en période de fonte comme c'est le cas actuellement, l'apport d'eau est des plus importants. [...] Le fait que le chantier ait été entrepris à cette période de l'année rend le contrôle des rejets plus ardu et les conditions de réalisation plus difficiles et coûteuses », poursuit-on plus loin. On rappelle en ce sens l'incident de la semaine dernière, lorsqu'une partie de l'écoulement des eaux usées s'est fait par un chemin différent que celui prévu. On se questionne donc sur « l'urgence » de procéder à l'intervention au printemps.
L'organisme termine en rappelant sa proposition de « redevance statutaire proportionnelle » aux volumes d'eaux usées déversées, qu'elle propose d'imposer aux municipalités. Cette mesure inciterait les municipalités et les entrepreneurs à envisager d'autres options avant de procéder à un déversement d'eaux usées, croit-on.
Rappelons que Saguenay a débuté la semaine dernière le déversement de 55 millions de litres d'eaux usées non traitées dans la rivière Saguenay, dans le cadre de travaux de réfection du poste de pompage de la rue Radin, dans le secteur Kénogami.
Le déversement avait dû être interrompu peu après le début de l'opération, en raison de problèmes d'écoulement. Les eaux usées qui doivent être déversées jusqu'au 21 avril correspondent à la consommation d'environ 6000 personnes.
Saguenay a obtenu les autorisations nécessaires du ministère du Développement durable en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement.