Un bon exemple de la couverture des arts par le Progrès-Dimanche dans une page datant de 1988.

La fin d'un chapitre. Le début d'un autre

CHRONIQUE / Merci et à samedi.
Il s'agit d'une formule un peu sèche, au moment d'évoquer la fin de ce rendez-vous dominical au nom de la section des arts, dont j'ai l'honneur d'assumer la direction. Plus d'un demi-siècle de reportages consacrés à la scène culturelle, de moments authentiquement exaltants, de controverses à l'occasion, ont tissé une trame tellement serrée que les historiens auront peine à aborder cette tranche de la vie du Saguenay-Lac-Saint-Jean sans scruter les pages du Progrès-Dimanche.
Au moment de prendre congé de cette journée, mais surtout pas du journal, j'ai une pensée pour les collègues qui ont bâti la section des arts, un article à la fois. Je me souviens plus particulièrement de Denise Pelletier et Louis-Marie Lapointe, puisque ce sont eux qui étaient en poste à mon arrivée à la section des sports, en novembre 1980.
Denise demeure l'exemple à suivre pour bien des choses, dont sa manière de parler de la musique classique et du théâtre. Elle savait partager ses enthousiasmes, mais sans s'interposer entre le sujet et le lecteur, ou si peu. C'était rafraîchissant à une époque où, pour se faire un nom, certains critiques pratiquaient l'outrance avec abandon.
Quant à Louis-Marie, son humour le servait bien, autant que son amour de la musique rock et populaire, ainsi que des arts visuels. Il a pondu des textes mémorables à propos d'Arthur Villeneuve, tout en étant l'un des premiers journalistes à interviewer Céline Dion. Notons que c'était bien avant la carrière en anglais, peut-être même avant René Angelil.
Dans cette foulée, il importe de saluer Christiane Laforge, qui explorait avec finesse les tréfonds de l'âme humaine. Qui ne se souvient pas de son reportage émouvant, mais pas mièvre pour deux sous, où elle montrait comment le peintre Jean-Paul Lapointe composait avec le cancer qui a fini par l'emporter? Ce ne sont pas les seuls textes qui ont laissé une forte empreinte sur les lecteurs.
Revenu à la section des arts après un long séjour au pupitre, Yvon Paré a aussi apporté une contribution originale. On l'associe d'emblée à la scène littéraire, mais parmi ses faits d'armes, il faut mentionner son dossier sur les salles de spectacles, une enquête fouillée qui embrassait plusieurs régions du Québec. Il fut aussi le premier journaliste à couvrir intégralement le Festival de la chanson de Saint-Ambroise.
Lui et ses camarades, dont plusieurs ne peuvent être mentionnés ici, faute d'espace, ont établi une manière de travailler, imposé une exigence, qui font partie de l'ADN de la section des arts. C'est donc avec gratitude envers ces pionniers, de même que les lecteurs pour leur fidélité, que moi et ma consoeur, Anne-Marie Gravel, fermons ce chapitre de l'histoire du Progrès tout en souhaitant vous retrouver dans six jours.