Mélissa Bouchard, directrice de la programmation du Festival REGARD sur le court métrage à Saguenay, a visionné plus de 3000 films pour la 18e édition.

La fille aux 3000 films

C'est « la fille aux 3000 films » du Festival REGARD sur le court métrage à Saguenay. Elle s'appelle Mélissa Bouchard et son travail est celui de directrice de la programmation. Au cours des derniers mois, elle a visionné plus de 3000 courts métrages pour sélectionner les 200 qui seront présentés du 12 au 16 mars.
« Pour moi, c'est un véritable privilège. J'ai étudié en cinéma à l'UQAC, j'adore regarder des films et c'est ça que je fais dans le cadre de mon métier. Je trouve que j'ai le plus beau travail au monde », assure la cinéphile qui oeuvre pour le festival depuis cinq ans.
Pour la 18e édition, plus de 1200 créateurs ont rempli un formulaire pour soumettre leur film. « C'est la première fois que nous recevons autant d'inscriptions. Par les années passées, le nombre d'inscriptions oscillait autour de 600, cet engouement pour le festival démontre la popularité et la notoriété qu'il a acquise avec les années », fait valoir la cinéphile.
Outre les candidatures de cinéastes, la directrice de REGARD a sélectionné les autres films en participant à différents festivals dans le monde, dont le Festival international du court métrage à Clermont-Ferrand, en France, et en consultant des catalogues de compilation. Plus d'une vingtaine de films seront présentés en primeur à Saguenay. « Clermont-Ferrand, c'est le "Festival de Cannes du court métrage". Nous y étions au début du mois pour présenter dix courts métrages québécois que nous avons sélectionnés. La salle était pleine. Nous avons refusé des gens. C'est incroyable de constater l'engouement face aux courts films québécois », élabore la spécialiste qui profite de ces visites pour choisir les films qu'elle présentera à Saguenay.
Après un premier regard, la directrice de la programmation met de côté 2000 films pour ensuite concentrer la sélection sur un millier d'oeuvres. « C'est très déchirant, car les films mis de côté ne sont pas mauvais, mais on doit faire des choix en fonction des thématiques de la programmation. Si j'ai 30 films sur le sport et que je dois en choisir sept ou huit, c'est très difficile », dit-elle. Ce n'est qu'en toute fin de processus qu'elle compte sur la collaboration de l'équipe.
La directrice avait invité les médias, hier matin, à la salle Marguerite-Pelletier du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, pour partager sa passion et pour le visionnement de quelques-uns de ses coups de coeur personnels comme Cargo culte de Bastien Dubois, Joggin de Yohan Gasse de Chicoutimi et Thomas de Robert Lepage.