Christine Guérin et Laurie Lemieux, originaires de Chicoutimi, sont des amies de longue date.

La «Cokluch» des femmes depuis dix ans

Une décennie entière à inventer, à créer, à concevoir, à fabriquer et à éveiller les consciences. Les designers originaires de Chicoutimi Laurie Lemieux et Christine Guérin célèbrent cette année le dixième anniversaire d'existence de Cokluch, la griffe qu'elles ont fondée à Montréal en 2007. Pour souligner ce moment charnière, les créatrices lancent une collection rétrospective inspirée de leurs coups de coeur.
Depuis dix ans, la griffe québécoise Cokluch habille les femmes de tous âges et de tous gabarits avec des vêtements confortables, conçus et fabriqués au Québec.
La marque a beaucoup évolué, depuis son lancement, alors que l'entreprise se spécialisait dans la confection de sacs de cuir et d'accessoires. Aujourd'hui, Cokluch habille les femmes de tous âges avec des vêtements aux coupes flatteuses, qui siéent à tous les styles et à toutes les silhouettes. C'est d'ailleurs ce souci de satisfaire une pléiade de palettes de goûts, conjugué au désir d'habiller tous les gabarits, qui a permis à Cokluch de se démarquer du lot dans l'industrie du design québécois.
« Nos vêtements sont habillés, mais confortables. Le confort est super important pour nous. On fait des trucs qu'on a envie de porter nous-mêmes, mais qu'on ne trouverait nulle part ailleurs », note Laurie Lemieux, en entrevue téléphonique.
Le prix
Certes, les vêtements signés Cokluch ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Comme le signale la copropriétaire, la décision de s'approvisionner et de fabriquer au Québec a nécessairement un prix. Cela dit, les designers veulent que leurs vêtements demeurent accessibles et se sont fixé pour objectif de ne pas vendre de pièces au-delà de 200 $.
« Nous avons dû ajuster notre façon de concevoir et de produire nos collections. Quand c'est trop dispendieux, la majorité des gens ne sont pas prêts à payer le prix. On essaie de faire tomber les gens en amour avec nos vêtements et de les conscientiser en même temps. Pour que les gens comprennent les prix, il a fallu expliquer que les personnes qui sont derrière les vêtements travaillent dans des conditions acceptables et qu'elles sont bien traitées », signale Laurie Lemieux, en référence aux travailleurs du textile de l'Asie qui oeuvrent dans des conditions pitoyables pour garnir les tablettes des géants de ce monde. Trouver les bons fournisseurs et les sous-traitants à coûts abordables à l'intérieur des frontières de la Belle Province représente un défi constant pour les deux Chicoutimiennes, qui dirigent une équipe de neuf personnes. Le centre névralgique de Cokluch est situé sur la rue Villeray, à Montréal, mais les vêtements de la marque sont en vente chez une soixantaine de dépositaires au pays.
Le noir pour célébrer
Le noir, teinte de prédilection des femmes derrière Cokluch, sera à l'honneur cet automne avec la collection exclusive servant à marquer le dixième anniversaire de l'entreprise. Les dix ensembles qui seront lancés d'ici à la fin octobre seront faits à partir de tissus couleur de jais, des morceaux indémodables, promet Laurie Lemieux.
« C'est un cadeau que l'on se fait à nous-mêmes pour notre 10e anniversaire. On a créé la collection en enlevant les contraintes de production et de prix que l'on se met d'habitude, tout en gardant l'esprit de notre marque », enchaîne-t-elle.
Pour l'occasion, deux égéries de Cokluch, les comédiennes Ève Landry et Cynthia Wu-Maheux, se sont soumises à l'oeil averti du photographe Maxime Desbiens, chargé d'immortaliser la collection.
La trame de Cokluch n'est pas peinte que de charbon et d'ébène et son histoire ne se décline pas en un tableau monochrome. Si la quête de la bonne matière, à prix raisonnable, demeure une préoccupation constante pour les deux amies et associées, l'intégration de nouveaux coloris en marge du noir et du gris le sont tout autant. C'est ainsi que le rose et le paprika arrivent parfois à se faufiler dans l'atelier des artisanes, imprégnés dans des rouleaux de textiles.
Laurie et Christine unies de l'adolescence à la maternité
L'histoire de Laurie Lemieux et Christine Guérin remonte à l'adolescence, alors que les deux Saguenéennes partageaient une passion pour la mode.
Christine a étudié dans ce domaine au collège Marie-Victorin, à Montréal, mais Laurie a pris une autre tangente.
« Je n'ai pas eu le "guts" de le faire », confie celle qui se plaisait autrefois à organiser des défilés à l'école Dominique-Racine. Laurie Lemieux donne cependant raison à l'expression selon laquelle tous les chemins mènent à Rome. Les deux femmes ont emprunté des parcours différents, mais sont toutes deux arrivées à destination en même temps, leur besace remplie d'idées et de projets à partager. Le 7 juillet 2007, date officielle de la fondation de la marque, marquait le point de départ d'une aventure qui a mené au lancement de 22 collections destinées à une clientèle adulte, en plus de six collections « mini », confectionnées pour des enfants de 2 à 6 ans. Le public saguenéen a d'ailleurs pu découvrir le pendant junior de la griffe, récemment, à l'occasion d'un défilé présenté dans le cadre de Panache Événement mode. Laurie Lemieux et Christine Guérin ont de quoi s'inspirer pour la confection de petits vêtements, elles qui sont aujourd'hui toutes deux mamans.