Kristine Girard vient de terminer un projet pilote pour le Parc national de Yamaska avec ses toiles à l'image de la salamandre.

Kristine Girard crée sa carrière

Elle invente ses techniques. Ses oeuvres sont composées de matière qui se repoussent et qui sont incompatibles comme de la résine et des solvants et de l'eau pour créer des textures. Ses techniques de pigmentation, issues de colorations pures, viennent se loger dans les reliefs qu'elle a créés. Elle veut d'ailleurs faire breveter ses techniques pour la protection des droits intellectuels. Kristine Girard de Jonquière est une artiste en continuel développement.
Le Progrès-Dimanche s'est rendu dans son atelier de la rue Gay-Lussac cette semaine pour jeter un oeil sur un projet pilote de collaboration qu'elle a initié avec le Parc national de la Yamaska.
«J'ai réalisé une toile à partir de leur emblème animal qu'ils vont accrocher à l'intérieur du poste d'accueil et j'en ai réalisé quelques-unes, plus petites, que je vais laisser en consignation à l'intérieur de la boutique. On va voir ce que ça peut donner, c'est un projet avec un des parcs de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), mais j'aimerais bien étendre cette collaboration à l'ensemble du réseau de la Sépaq pour créer des pictogrammes», fait valoir l'artiste qui doit rencontrer bientôt le directeur du Parc national des Monts-Valin pour lui faire une proposition.
Kristine Girard veut également tâter le marché de Miami. «J'ai réalisé de belles créations avec des voiliers et je suis convaincu que je suis capable de vendre ce concept à Miami. J'ai fait des demandes d'aide financière pour réaliser ce projet et j'ai bon espoir que ça fonctionne», espère celle qui a engagé un agent artistique qui la représente en Floride.
Ses tableaux riches en texture et en organisation picturale se vendent bien. Elle a une clientèle qui achète ses oeuvres qui sont distribuées dans une dizaine de boutiques, mais elle veut développer des liens d'affaires avec des organisations reconnues pour obtenir plus de visibilité.
«Je me tiens au courant des tendances et j'observe les différents pictogrammes qu'on retrouve sur les imprimés ou sur les tissus. Je participe à des événements tant dans le domaine de la décoration intérieure que dans le domaine artistique. J'ai participé à cinq salons au cours de la dernière année et j'ai même récolté des prix comme le coup de coeur de Radio-Canada au Salon des métiers d'art de Québec en 2012 (elle a récolté les prix de la relève et du coup de coeur du public au Salon des métiers d'art de Chicoutimi en 2011).
Kristine Girard est en recherche constante de développement et de nouveaux matériaux pour réaliser ses oeuvres. «Je viens de trouver de la résine de synthèse biologique, non toxique et durable faite ici au Québec, une laque qui ne jaunit pas avec les années que j'utilise pour insérer dans mes empreintes textiles. Je suis fière de produire des oeuvres ''Made in Québec''» dit-elle en riant de l'expression anglaise.
La Jonquiéroise a réalisé 400 oeuvres l'an passé. «Le menuisier qui fait mes cadres et les boutiques qui vendent mes tableaux font de l'argent. Moi, je réinvestis presque tout dans le développement de projets et dans une vision d'avenir», assure celle qui pratique sa passion avec quatre enfants à la maison.